Le géant chinois Alibaba a déposé une plainte contre le Pentagone devant la justice américaine pour contester son inscription sur liste noire, expliquant contester sa désignation comme «entreprise militaire chinoise».
«La décision d’inscrire Alibaba sur la liste est arbitraire et capricieuse, et nous intentons une action en justice contre le ministère de la Guerre pour exiger que l’entreprise soit retirée de cette liste», a déclaré mercredi un porte-parole du géant chinois du commerce en ligne à l’AFP.
Alibaba «n’est pas une entreprise militaire chinoise et ne fait partie d’aucune stratégie de fusion entre le secteur militaire et le secteur civil», a-t-il affirmé.
Avec cette plainte déposée mardi devant le tribunal fédéral de San José (Californie), Alibaba conteste remplir les critères permettant de figurer sur la liste noire du ministère américain de la Défense, actualisée début juin. Celle-ci répertorie 80 entreprises, auxquelles s’ajoutent plusieurs filiales, accusées de travailler avec l’armée chinoise.
«Ces conclusions n’ont aucun fondement factuel ni juridique», affirme la plainte publiée en ligne.
Les groupes chinois Baidu, spécialisé dans les moteurs de recherche, et BYD, géant des véhicules électriques, ont également été ajoutés à cette liste.
À compter du 30 juin, cette désignation interdira au Pentagone de conclure de nouveaux contrats avec les entreprises concernées ou leurs filiales contrôlées.
Selon Alibaba, cette mesure limite aussi sa capacité à faire appel à des cabinets de lobbying aux États-Unis, ce qui constituerait une atteinte aux droits garantis par le Premier amendement de la Constitution américaine.
«Les effets se font déjà sentir : des représentants qui travaillaient avec Alibaba depuis des années ont informé l’entreprise qu’ils ne pouvaient plus le faire», indique la plainte.
Dans son recours, Alibaba rappelle qu’il est coté en Bourse et spécialisé dans le commerce électronique et les services cloud. Le groupe souligne également que son actionnariat est largement détenu par de grandes institutions financières américaines, notamment JPMorgan, Citigroup et BlackRock.
La Chine a annoncé lundi des sanctions contre plusieurs dizaines d’entreprises américaines, notamment dans les secteurs de la défense et des terres rares, en réponse à cette liste noire du Pentagone.
Le 11 juin, le groupe pharmaceutique chinois WuXi avait déjà engagé une procédure judiciaire similaire après avoir été ajouté à cette même liste.
Cette nouvelle confrontation intervient un mois après la visite à Pékin du président américain Donald Trump, censée favoriser une détente entre les deux premières puissances économiques mondiales.
AFP