Parti lundi du port ukrainien d’Odessa, un premier cargo transportant des céréales est arrivé au large des eaux turques. Il sera inspecté mercredi par une équipe internationale en raison de la demande russe de s’assurer de la cargaison. Son départ avait été salué " chaleureusement " par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. Seize autres bateaux chargés de céréales " attendent leur tour " pour quitter Odessa, a affirmé le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba. 

Image de l’intérieur du Centre de coordination conjoint d’Istanbul, l’organisation qui supervise les exportations de céréales.

Le premier chargement de céréales exporté par l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe le 24 février est arrivé mardi au large des côtes turques, sur la mer Noire, en application de l’accord signé en juillet entre Kiev et Moscou afin d’enrayer la crise alimentaire mondiale.

Le Razoni, un cargo battant pavillon de la Sierra Leone, qui a quitté le port ukrainien d’Odessa lundi avec 26.000 tonnes de maïs à destination de Tripoli au Liban.

Le navire, qui passe la nuit ancré au large des côtes turques, sera inspecté mercredi matin par une équipe internationale à l’entrée du Bosphore, conformément au souhait de la Russie qui veut s’assurer de la nature de la cargaison, a précisé le ministère turc de la Défense.

Des céréales sont déjà parties d’Ukraine depuis le déclenchement de l’offensive russe, mais de Berdiansk, sur la mer d’Azov, une zone occupée par les Russes.

Lundi, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a " chaleureusement " salué le départ du Razoni, exprimant l’espoir que la reprise des exportations ukrainiennes, permise par un accord international, " apportera la stabilité et l’aide indispensables à la sécurité alimentaire mondiale ".

" Trop tôt pour en tirer des conclusions "

Au cours d’un entretien avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, le président français Emmanuel Macron l’a assuré de la poursuite des " efforts européens " pour aider l’Ukraine à exporter ses céréales.

Le contre-amiral turc Ozgur Özcan Altunbulak s’exprime lors d’une conférence de presse au Centre de coordination conjointe à Istanbul concernant l’arrivée du Razoni.

Selon le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba, 16 autres bateaux chargés de céréales " attendent leur tour " pour quitter Odessa, le principal port ukrainien, situé sur la mer Noire, qui concentrait avant la guerre 60% de l’activité portuaire du pays.

Mais, lundi soir, M. Zelensky a jugé qu’il était " trop tôt pour en tirer des conclusions et faire des prévisions ", dans son allocution quotidienne. " Attendons de voir comment l’accord fonctionnera et si la sécurité sera vraiment garantie ", même si " c’est un premier signal positif ".

L’accord signé le 22 juillet à Istanbul entre la Russie et l’Ukraine, via une médiation de la Turquie et sous l’égide des Nations unies, permet la reprise des envois vers les marchés mondiaux de céréales ukrainiennes bloquées depuis l’invasion russe, sous supervision internationale.

Le document prévoit notamment l’instauration de couloirs sécurisés afin de permettre la circulation en mer Noire des navires marchands et l’exportation de 20 à 25 millions de tonnes de céréales.

De leur côté, l’UE et l’Otan ont réclamé la " mise en œuvre totale " de l’accord. " Espérons que les accords seront appliqués par toutes les parties et que les mécanismes fonctionneront efficacement ", a pour sa part dit le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Un accord similaire signé simultanément garantit à la Russie l’exportation de ses produits agricoles et de ses engrais, malgré les sanctions occidentales.

Les deux accords doivent permettre d’atténuer la crise alimentaire mondiale avec la montée en flèche des prix des denrées alimentaires dans certains des pays les plus pauvres en raison du blocage des ports ukrainiens.

" La situation reste tendue "

Sur le terrain des opérations militaires, les combats se poursuivent et les autorités ukrainiennes déplorent des victimes civiles.

Le commandement de l’armée de l’air ukrainienne a annoncé mardi que les forces russes avaient tiré huit missiles de croisière à partir de la mer Caspienne sur le territoire de l’Ukraine, dont l’un " a atteint un complexe de défense antiaérienne dans la région de Lviv ", dans l’ouest. Les sept autres missiles ont été interceptés, selon cette source.

Mykolaïv, une ville proche du front dans le sud de l’Ukraine, a été de nouveau " massivement bombardée " dans la nuit de lundi à mardi, a de son côté dit la présidence.

Dans la région voisine de Kherson, la première ville d’importance tombée aux mains de l’armée russe, le 3 mars, " la situation reste tendue ", a-t-elle relevé.

Mais l’Ukraine, qui mène actuellement une contre-offensive dans le sud, a annoncé mardi y avoir repris 53 localités occupées.

Toujours dans la région de Kherson, le chef de l’administration militaire de Kryviy Rih, Oleksander Vilkul, a fait état de la mort de deux civils qui se trouvaient à bord d’un minibus tentant de quitter le village de Starosillya, aux mains des Russes. Cinq autres personnes ont été évacuées, dont deux, grièvement blessées, ont été hospitalisées.

Le lance-roquettes Himars.

L’artillerie est décisive dans le conflit en Ukraine. Particulièrement gourmandes en projectiles de toutes sortes, les armées ukrainienne et russe se livrent à une guerre d’usure au niveau des munitions.

Les Etats-Unis, le principal soutien de l’Ukraine, ont annoncé lundi l’envoi de nouvelles armes à Kiev pour 550 millions de dollars, portant ainsi leur assistance militaire à plus de huit milliards au total. Cette aide comprendra des munitions pour les lance-roquettes Himars et 75.000 obus de 155 mm.

De son côté, la Cour suprême russe a classé mardi le régiment ukrainien Azov, célèbre pour avoir défendu Marioupol, dans le sud-est de Ukraine, comme " organisation terroriste ", ce qui pourrait valoir de très lourdes poursuites à ses combattants faits prisonniers.

Avec AFP

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