À quelques jours de la seconde commémoration de la double explosion au port de Beyrouth, le 4 août 2020, le métropolite de Beyrouth, Élias Audi, a fustigé dimanche l’État, l’accusant de " vouloir effacer de la mémoire " collective " tout ce qui rappelle la tragédie de Beyrouth ". " Les États civilisés préservent la mémoire de leurs tragédies en protégeant tout ce qui en témoigne, alors que notre État essaie d’effacer toutes les preuves au lieu de les mettre en évidence pour qu’ils soient un exemple à l’avenir ", a-t-il martelé dans son homélie.

Dénonçant le blocage de l’enquête sur l’explosion au port, l’effondrement économique et les " polémiques stériles ", Mgr Audi a constaté que " les responsables dans ce pays font fi des réformes ". Selon lui, ils ne savent pas faire preuve de " solidarité ", mais sont experts en matière de " compétitivité ". Il a estimé qu’aucun responsable n’a réussi à " freiner l’effondrement économique ", parce qu’ils " poursuivent leurs intérêts personnels ". " Ils ont privilégié l’atermoiement à une action sérieuse susceptible de sauver ce qui reste " du pays, a-t-il poursuivi.

Mgr Audi a enfin réitéré son appel à " poursuivre l’enquête, à faire la vérité " sur l’explosion au port et à sanctionner " tous ceux qui sont impliqués " dans cette affaire.