Une vingtaine de navires commerciaux se trouvant dans le détroit d'Ormuz ou à proximité ont été attaqués depuis que les Gardiens de la Révolution iraniens bloquent de facto ce passage stratégique en représailles aux frappes américano-israéliennes sur son territoire.
Environ la moitié des incidents concernent des pétroliers, particulièrement nombreux près de ce couloir maritime par lequel transitent, en temps normal, quelque 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié transportés dans le monde.
Au moins dix pétroliers ont été frappés, visés ou ont signalé des attaques entre le début du conflit et le 11 mars à la mi-journée, selon des données de l'agence britannique de sécurité maritime (UKMTO), de l'Organisation maritime internationale (OMI) et les autorités iraniennes.
Sept d'entre eux ont fait l'objet de signalements à l'UKMTO, qui tient à jour une liste d'incidents en mer dans la région du Golfe: le Skylight, MKD Vyom, Hercules Star, Ocean Electra, Stena Imperative, Libra Trader, Sonangol Namibe.
Les Gardiens de la Révolution (armée idéologique de la République islamique) ont revendiqué des frappes de drones sur trois autres «tankers», les identifiant comme l'Athe Nova, Prima et le Louis P. L'AFP n'a pas pu vérifier ces affirmations à ce stade auprès d'une source indépendante.
Ces attaques, qui ont lieu depuis le début du mois, ont interrompu presque totalement la circulation dans le détroit.
«Intérêts commerciaux»
Quatre vraquiers, trois porte-conteneurs, un remorqueur, un navire de forage pétrolier et un cargo ont également signalé des explosions, frappes ou activités suspectes dans la zone à l'UKMTO.
Par ailleurs, mercredi, un vraquier battant pavillon thaïlandais a été pris pour cible, a indiqué la marine thaïlandaise, faisant état d'opérations pour secourir trois des vingt-trois membres d’équipage.
Certains navires et actifs en mer touchés «pourraient être liés à des intérêts commerciaux occidentaux, notamment américains et britanniques», a noté mardi le Centre conjoint d'information maritime (JMIC), géré par une coalition navale occidentale.
«Mais plusieurs attaques ont également visé des bâtiments sans aucune affiliation confirmée avec des propriétaires américains ou israéliens, signe que la campagne actuelle dépasse largement le cadre de cibles strictement occidentales», souligne la coalition.
Selon les bilans provisoires de l'OMI, au moins six marins et un employé portuaire ont perdu la vie, et un marin restait porté disparu mercredi.
Poseurs de mines
Les intentions de l'Iran - qui exporte son pétrole via le détroit d'Ormuz - sont difficilement lisibles avec des déclarations contradictoires.
Un général iranien des Gardiens de la Révolution a menacé en début de semaine dernière de «brûler tout navire» tentant de franchir le détroit d'Ormuz et de bloquer toute exportation pétrolière du Golfe.
Mais trois jours plus tard, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a déclaré que l'Iran n'avait «pas l'intention» de fermer le passage.
Dans un nouveau revirement mardi, l'Iran a annoncé qu'il ne permettrait pas «l'exportation d'un seul litre de pétrole de la région vers le camp ennemi et ses partenaires jusqu'à nouvel ordre».
Le président américain Donald Trump a prévenu mardi qu'il y aurait d'importantes conséquences militaires si l'Iran se décidait à miner «pour une raison quelconque» le détroit d'Ormuz, quand bien même il n'avait pas reçu d'élément indiquant que la République islamique avait miné le détroit.
L'armée américaine a annoncé la destruction de 16 navires iraniens poseurs de mines navales «près du détroit».
AFP