Le chancelier allemand sera absent du sommet international de l'espace à Paris
Le président français Emmanuel Macron (à gauche) et le chancelier allemand Friedrich Merz arrivent pour assister à la retraite informelle des dirigeants de l'UE au château d'Alden Biesen, à Alden Biesen, dans le centre de la Belgique, le 12 février 2026. ©NICOLAS TUCAT / AFP

Le chancelier allemand Friedrich Merz sera absent du sommet international de l'espace à Paris les 9 et 10 septembre voulu par le président français Emmanuel Macron et que Berlin copréside, a annoncé vendredi l'Élysée.

«A ce stade, le chancelier ne peut pas participer» en raison des «contraintes politiques» internes, mais les ministres allemands de la Défense, Boris Pistorius, et de l'Espace, Dorothee Bär, seront présents, selon la présidence française.

Questionné à Berlin pour savoir s'il y avait une raison politique à cette absence, Sebastian Hiller, porte-parole adjoint du gouvernement allemand, a répondu qu’il «ne restait pas beaucoup de marge, pour être précis, aucune marge», dans le calendrier chargé du chancelier Merz.

Mercredi, le chancelier fera un discours au Bundestag et recevra le président du Conseil européen, Antonio Costa, et jeudi il s'entretiendra avec le président des Émirats arabes unis, Mohamed bin Zayed Al-Nahyan, a précisé le porte-parole.

«On va coprésider le sommet spatial international en septembre», avait pourtant déclaré M. Macron à Brühl, près de Cologne, le 17 juillet, au cours d'une conférence de presse conjointe avec M. Merz.

Durant la préparation de ce sommet, Français et Allemands «s'entendaient très bien pour parler de tous les sujets en n'excluant pas des sujets sur lesquels il y a des divergences d'appréciation, voire de rivalité», souligne-t-on à l'Élysée à quelques jours du sommet.

De nombreux industriels allemands dont OHB seront présents au Grand Palais qui accueillera l'évènement.

Le cas du fabricant allemand de satellites OHB illustre les ambiguïtés du rapprochement franco-allemand dans le spatial: engagé dans la constellation européenne Iris², dont il vient de décrocher une importante commande, OHB travaille parallèlement avec Rheinmetall et Airbus sur une constellation militaire destinée à la Bundeswehr. Berlin défend ainsi à la fois le projet européen et le développement de capacités nationales, là où Paris privilégie traditionnellement la mutualisation européenne au nom de la souveraineté.

Selon le média La Lettre, l'organisation du sommet a encore été complexifiée par les tractations entre Français et Allemands qui se poursuivent cette semaine à Bruxelles pour faire émerger une déclaration pro-européenne commune de la Commission et des Vingt-Sept, Berlin refusant les critères de préférence européenne que la France souhaite appliquer aux 60 milliards d'euros dédiés à l'espace dans le prochain cadre financier pluriannuel de l'Union.

AFP