Une décision du ministère syrien de l'Éducation d'interdire certaines filières aux étudiantes provoque de vives critiques dans le pays, certains dénonçant de nouvelles restrictions imposées par les autorités islamistes aux droits des femmes.
En annonçant l'ouverture des inscriptions dans les universités le 30 septembre, le ministère a précisé que les étudiantes ne seraient pas admises dans la plupart des disciplines de deux instituts techniques créés en juillet par le nouveau pouvoir.
À l'Université nationale des sciences de la défense, les sciences juridiques et sociales, la gestion et l'économie entre autres sont ainsi réservées aux étudiants masculins.
À l'Université des sciences de la sécurité, les étudiantes sont uniquement admises à la Faculté de cybersécurité.
Toutes les spécialités restent toutefois ouvertes aux étudiantes à l'Université de Damas, la plus grande du pays.
À Idleb (nord-est), qui fut le fief de la coalition islamiste qui a pris le pouvoir après avoir renversé Bachar al-Assad en décembre 2024, les étudiantes ne sont plus admises dans les filières de production télé et radio.
Et à Rumeilan dans le nord-est, elles n'ont plus accès à l'Institut technique du pétrole et du gaz.
Sollicité par l'AFP, le ministère de l'Enseignement supérieur n'a pas répondu dans un premier temps.
Pour Ahlam Othman, ces restrictions constituent «un obstacle supplémentaire pour les femmes en Syrie». «C'est une discrimination supplémentaire ...et il ne faut pas la laisser passer», déclare cette enseignante à l'AFP.
«Il y a des disciplines qui sont loin de mes intérêts», mais «personne n'a le droit de me forcer à choisir une discipline particulière ou de m'en exclure d'une autre», proteste aussi Israa Salloum, une bachelière qui se prépare à postuler pour l'entrée à l'université.
L'arrivée au pouvoir des nouvelles autorités du président Ahmad al-Chareh a suscité des craintes d'une islamisation de la société. Les nouvelles autorités ont imposé des restrictions à la vente d'alcool, sans l'interdire, et imposé des mesures de séparation des sexes dans certaines institutions.
En septembre, un établissement de renom de Damas avait décidé de séparer les filles des garçons à partir du collège.
Dans un communiqué commun en août dernier, quatre organisations féministes et de la société civile avaient accusé les nouvelles autorités d'avoir «restreint les libertés individuelles et publiques et imposé des formes de tutelle sociale, qui ont particulièrement affecté les femmes».
AFP