Le poète souleva son chapeau et monta dans le train. Il trébucha sur la première marche et se frotta les yeux. Appelant le réveil à son secours. "Apportez-moi une tasse de café à l’écume de fleurs d’oranger", dit-il tout haut. "Non je ne vous lirai pas dans votre marc de café, mais je vous conterai des histoires émouvantes". Le train siffla et s’ébranla. "Emmenez-moi au bout du monde", là où "la terre est bleue comme une orange".

Paul Eluard et sa muse quittèrent les rails vers des destinées différentes après avoir brûlé du même feu: les cœurs aussi s’éteignent, deviennent cendres et diamants. Ils avaient trouvé, dans le cœur de l’orange, deux pépins qu’ils partagèrent. Un jeu de grands qui mène à la destruction. Le goût est de fiel.

Je le connais pour avoir aimé une femme. Je garde ma blessure d’un bleu de contusion. Elle était si belle, si légère qu’elle s’évapora. Il souleva son chapeau et des photos de sa muse s’envolèrent. Il essaya de les rattraper mais le train en s’arrêtant les fit disparaître. Jadis j’étais magicien murmura-t-il et il disparut.