
La Fashion Week de Milan continue de vibrer au rythme des changements artistiques majeurs, entre réinvention des maisons emblématiques et défis internes. Fendi et Gucci, en pleine évolution, incarnent cette dynamique de transition.
La Fashion Week de Milan s'est intensifiée ce jeudi 27 février, marquée par des bouleversements au sein des prestigieuses maisons de mode, à l’image de Fendi et Gucci, deux géants de l’industrie qui naviguent entre changements stratégiques et défis de créativité. La semaine a été une nouvelle étape d’un grand jeu de chaises musicales dans l'univers de la mode, où les départs et arrivées des directeurs artistiques alimentent les spéculations et les tensions internes.
Le 26 février, le couple créatif Lucie et Luke Meier a annoncé leur départ de Jil Sander, après huit ans à la tête de la direction artistique de la maison allemande. Leur dernier défilé a marqué un tournant pour la griffe, appartenant au groupe italien OTB de Renzo Rosso, et a laissé place à de nouvelles interrogations sur l’avenir stylistique de la maison. Mais c’est surtout le défilé anniversaire des 100 ans de Fendi qui a captivé l’attention. Ce show, le premier depuis le départ de Kim Jones en octobre dernier, a été un moment d’introspection pour la maison romaine, avec un défilé qui célébrait son histoire et son héritage.
Collection anniversaire
Sous la direction intérimaire de Silvia Venturini Fendi, petite-fille des fondateurs de la maison, l’événement a rendu hommage au parcours centenaire de Fendi. Venturini Fendi, qui occupe normalement le rôle de directrice de création des collections hommes et accessoires femmes, a pris les rênes de cette collection anniversaire. Fidèle à son idée de ne pas se laisser enfermer dans les archives physiques, elle a souhaité transcrire ce que Fendi représente aujourd’hui à travers des pièces à la fois modernes et profondément ancrées dans la tradition de la maison.
Le défilé a déployé près de 90 looks où les influences de Rome, sa lumière et ses couleurs, se sont reflétées dans des créations en fourrure, cuir et satin. Des manteaux en peau de cerf, des pièces en trompe-l'œil, et des patchworks en cuir se sont succédé sur le podium, tandis que la palette chromatique, entre vert forêt, chocolat, et teintes éclatantes de cannelle et terracotta, a offert un véritable voyage sensoriel. Cette collection a fait forte impression, obtenant même une standing ovation du public, un signal fort de soutien à la maison en période de transition.
Retour aux racines
Pendant ce temps, chez Gucci, la situation semblait plus tendue. La maison, qui traverse une crise depuis plusieurs années, a dû se réinventer après le départ de son directeur de création, Sabato de Sarno, début février. Le défilé qui a suivi a marqué une volonté de se recentrer sur les racines de la maison. Moins porté par l’esprit De Sarno, le show a fait la part belle aux couleurs emblématiques, aux références à l’histoire de la marque, et à un travail approfondi sur les cuirs.
L’ambiance, empreinte de mélancolie, n’a pas échappé aux observateurs, surtout après une année 2024 difficile, marquée par une chute de 23% des ventes de Gucci, entraînant une baisse significative des bénéfices de Kering, son propriétaire. La maison milanaise, autrefois symbole de luxe incontesté, semble désormais en quête de son identité, avec une équipe réduite et des salariés de plus en plus inquiets. Le départ de De Sarno, suivi par celui de plus de 150 employés partis avec lui à Milan, laisse entrevoir des répercussions sur plusieurs niveaux, notamment au sein des équipes créatives, et certains redoutent que ce ne soit que le calme avant la tempête.
Chez Bottega Veneta, un autre épisode marquant se joue avec le départ de Matthieu Blazy pour rejoindre Chanel. La maison vénitienne a choisi une approche différente en décidant de ne pas défiler cette saison, pour permettre une transition en douceur avec l’arrivée de Louise Trotter. Sa première collection sera présentée en septembre 2025, signalant une nouvelle phase pour cette griffe, qui cherche à rebondir après les départs successifs.
Avec AFP
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