
Les alliés européens de l'Ukraine réunis jeudi à Paris se sont prononcés à l'unanimité contre toute levée des sanctions imposées à la Russie, tandis que la France et le Royaume-Uni sont prêts à déployer des troupes en Ukraine en tant que "garantie de sécurité".
Dans cette perspective,une mission franco-britannique se rendra "dans les prochains jours en Ukraine", a annoncé le président français Emmanuel Macron, Paris et Londres étant désormais les "pilotes" de la mobilisation en faveur de ce pays, dans sa quatrième année de guerre face à l'invasion russe à grande échelle.
Cette mission devra également préparer "ce que sera le format de l'armée ukrainienne", qui reste la principale "garantie de sécurité" de Kiev, a-t-il précisé à l'issue de ce sommet ayant réuni une trentaine d'États.
Sur le volet économique, les pays soutenant l'Ukraine ont "acté de manière unanime" qu'il ne fallait pas abandonner les sanctions contre Moscou, alors que Washington l'envisage, a assuré Emmanuel Macron.
"Consensus"
"Il y a un consensus sur le fait que ce n'est pas le moment de lever les sanctions", a martelé le Premier ministre britannique Keith Starmer. "Au contraire, nous avons discuté de la façon de les renforcer", a-t-il ajouté, se réjouissant par ailleurs de voir l'Europe "se mobiliser" pour la paix en Ukraine "à une échelle inédite depuis des décennies".
Ce serait "une grave erreur" de les supprimer, a renchéri dans une déclaration séparée le chancelier allemand Olaf Scholz, "cela n'a aucun sens tant que la paix n'est pas réellement rétablie et nous en sommes malheureusement encore loin".
A un moment où la Russie est engagée depuis plusieurs semaines dans des discussions avec Washington, qui veut obtenir à tout prix une trêve en Ukraine, les participants au sommet dans la capitale française se sont montrés très méfiants. A l'instar du président ukrainien Volodymyr Zelensky, lequel a assuré que la Russie ne voulait "aucun type de paix".
"L'Ukraine avait eu le courage d'accepter un cessez-le-feu inconditionnel. Il n'y a eu aucune réponse russe mais des conditions nouvelles (posées par Moscou, ndlr) et des frappes s'intensifiant" en Ukraine, a résumé le président Macron, fustigeant la stratégie du Kremlin : "Faire semblant d'ouvrir des négociations pour décourager l'adversaire et intensifier les attaques".
Sous pression américaine, Kiev a accepté le 11 mars une cessation de 30 jours des combats. Mardi, à l'issue de pourparlers en Arabie saoudite par l'intermédiaire de Washington, un accord a été annoncé pour déboucher, sous conditions, à une trêve en mer Noire et à un moratoire sur les frappes contre les sites énergétiques.
Mais Moscou a réclamé la levée des restrictions sur les exportations agricoles russes, une idée soutenue par la Maison Blanche.
"Forces de réassurance"
Le sommet de Paris avait pour objectif d'affirmer la position de l'Ukraine et de ses soutiens tandis que Russes et Américains se parlent en direct et à "finaliser" des "garanties de sécurité" pour les Ukrainiens en cas d'hypothétique paix.
La proposition franco-britannique de déployer des contingents européens en Ukraine "ne fait pas l'unanimité", a reconnu le président français, qui a toutefois promis qu'il y aurait "une force de réassurance de plusieurs pays européens" en cas de paix et que celle-ci ne dégarnirait pas le flanc oriental de l'Otan.
Ces troupes n'auraient "pas vocation à être des forces de maintien de la paix, à être présentes le long de la ligne de contact ou à se substituer aux forces ukrainiennes", a-t-il répété. Elles seraient envoyées dans "certains endroits stratégiques préidentifiés avec les Ukrainiens" et auraient un "caractère de dissuasion", a-t-il dit.
Le sommet de la "coalition des volontaires", selon l'expression d'Emmanuel Macron, a duré plus de trois à heures à l'Élysée.
Parmi les dirigeants des pays de l'Union européenne et/ou de l'Otan qui étaient présents figuraient, outre M. Scholz, la cheffe du gouvernement en Italie Giorgia Meloni et le Premier ministre polonais Donald Tusk mais aussi le vice-président turc Cevdet Yilmaz.
Ce sommet est intervenu après une série de rencontres politiques et militaires organisées depuis mi-février par Paris et Londres, parallèlement au processus de négociations engagé par l'administration Trump avec Kiev, d'une part, et Moscou, d'autre part.
Par Francesco FONTEMAGGI, AFP
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