
Les cours du pétrole s'écroulent jeudi, au lendemain de l'offensive protectionniste massive lancée par Donald Trump, le marché craignant les conséquences sur la croissance économique mondiale qui pourraient lester fortement la demande, à laquelle s'ajoute une annonce de l'Opep d'une hausse plus marquée qu'attendu de sa production.
Vers 12H05 GMT (14H05 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juin, chutait de 5,67% à 70,70 dollars.
Le baril de West Texas Intermediate, référence américaine, pour livraison en mai, s'enfonçait de 6,05% à 67,37 dollars.
Si les produits énergétiques sont exemptés de taxes, "ces derniers restent généralement sensibles aux ralentissements économiques", affirme Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management.
Or, "les annonces tarifaires ont été bien pires que prévu", estime l'analyste, ce qui plombe les marchés et "fait baisser les prix du pétrole".
L'offensive protectionniste de la Maison-Blanche, sans équivalent depuis les années 1930, passe par un droit de douane plancher supplémentaire de 10% sur toutes les importations et par des majorations pour les pays jugés particulièrement hostiles en matière commerciale.
L'addition est particulièrement salée pour la Chine, premier importateur de pétrole mondial, dont les produits feront l'objet d'une nouvelle taxe à l'importation de 34% s'ajoutant aux 20% de droits de douane déjà en place.
Les analystes surveillent les représailles à venir des pays concernés, qui pourraient renforcer la morosité sur le marché pétrolier.
Outre ces facteurs extrêmement baissiers pour le cours du brut, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole a annoncé jeudi une hausse de production plus forte que prévu à partir de mai.
L'Opep+ va "mettre en œuvre un ajustement de la production de 411 000 barils par jour" en mai 2025, selon un communiqué, plus vite que le plan de réintroduction progressive des barils retenus par huit des membres du cartel.
Cette hausse de la production renforce la chute des cours, car les analystes s'attendaient plutôt à une hausse similaire à celle d'avril de 137 000 barils quotidiens.
"Il est certain que ça ajoute un poids supplémentaire sur le marché, un double effet", affirme Ole R. Hvalbye de SEB.
Selon l'analyste, il faut désormais s'attendre à une "Opep+ plus influencée par la politique", alors que Donald Trump avait fait pression sur le groupe pour qu'il produise davantage de pétrole.
Avec AFP
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