
L’ancien secrétaire d’État adjoint américain pour les affaires du Moyen-Orient, David Schenker, a affirmé que “le Liban doit poursuivre ses efforts pour désarmer le Hezbollah”. Selon lui, “la paix est essentielle, mais elle ne sera durable que si d’autres mesures sont prises en amont”.
Lors de son intervention dans le cadre de l’émission “Sar el-Waet”, diffusée sur la MTV, M. Schenker a déclaré que les États-Unis étaient “surpris” par “l’efficacité des forces de sécurité libanaises”, tout en soulignant que “des efforts supplémentaires étaient nécessaires”. Il a, par ailleurs, mis l’accent sur la nécessité pour le gouvernement libanais “d’avertir Morgan Ortagus, adjointe de l'envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, de l’indispensabilité du soutien financier des Saoudiens et des Qataris au financement des salaires des forces de sécurité, afin qu’elles puissent accomplir pleinement leur mission”.
Le diplomate américain a également mis en avant l’importance de la mise en œuvre effective de la résolution 1559, appelant à son application à l’échelle nationale et non seulement au sud du Litani. “Le cessez-le-feu, bien qu’en vigueur malgré la crise, n’est qu’un premier pas” vers la paix, a-t-il ajouté.
On rappelle à cet égard que la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies, adoptée en 2004, appelle au retrait des troupes syriennes du Liban, au désarmement de toutes les milices, y compris le Hezbollah, et à la consolidation de l'autorité de l'État libanais sur l'ensemble du territoire.
M. Schenker a, par ailleurs, insisté sur la nécessité pour le Liban et Israël de délimiter leurs frontières avec la Syrie, afin de mettre fin à la crise des fermes de Chebaa, puis d’envisager une normalisation. “Une confrontation sur l’application de cet accord est inévitable, mais c’est aussi une occasion pour le Liban de se réapproprier son destin et de se construire en tant qu’État souverain, plutôt que de rester sous l’influence d’une milice iranienne”, a-t-il poursuivi.
En conclusion, il a souligné l’existence de divergences notables entre les États-Unis et la France concernant la gestion de la situation au Liban, en référence aux tentatives françaises d’imposer un plan de sauvetage économique sans réformes structurelles véritables. Pour Schenker, le Liban doit choisir la voie de la réforme et de la souveraineté, au lieu de se laisser enfermer dans des alliances stratégiques qui le fragilisent.
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