Marchés en Asie: Tokyo en net repli après la débâcle à Wall Street
Tokyo plonge dans le rouge, emportée par la tempête des marchés asiatiques ©Ici Beyrouth

La Bourse de Tokyo, à l'unisson des marchés asiatiques, a accentué ses pertes vendredi au lendemain d'une débâcle à Wall Street, après l'offensive du président américain Donald Trump sur les droits de douane.

Bourses sous pression

À la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en baisse de 2,75% à 33.780,58 points, après avoir lâché plus de 3% en séance. L'indice élargi Topix a plongé de 3,37% à 2.482,06 points.

La Bourse de Séoul a fini en recul de 0,86%, ayant effacé ses gains de la mi-journée après le verdict confirmant la destitution du président sud-coréen Yoon Suk Yeol.

La Bourse de Sydney a chuté de 2,44%. Les places chinoises sont fermées en raison d'un jour férié.

Après avoir lourdement trébuché la veille suite aux annonces douanières de Washington, les marchés asiatiques, agités par des échanges volatils, ont emboîté le pas à Wall Street -- où le Dow Jones a dévissé jeudi de 4% et l'indice Nasdaq de 6%.

L'annonce des détails de l'offensive douanière américaine n'a pas mis un terme aux spéculations "et à en juger par les réactions des marchés mondiaux, l'incertitude est plus grande que jamais", soulignent les analystes de Tokai Tokyo Securities.

Si Washington suggère qu'il existe "des marges de négociation", "certains pays et régions s'apprêtent à imposer des représailles, transformant la situation en guerre commerciale" généralisée, et "la tendance à l'aversion au risque devrait se poursuivre", soulignent ces experts.

L'offensive protectionniste de la Maison Blanche prévoit un droit de douane plancher supplémentaire de 10%, et des majorations pour certains pays, en particulier en Asie: 24% pour le Japon, 25% pour la Corée du Sud, 36% pour la Thaïlande, 46% pour le Vietnam...

Ces droits massifs exacerbent les inquiétudes d'un risque d'asphyxie de l'économie mondiale.

"L'Asie pourrait être beaucoup plus durement touchée par une récession mondiale: elle abrite des économies essentiellement tournées vers le commerce et dont beaucoup dépendent fortement de la demande américaine", souligne le cabinet BMI (Fitch Solutions).

Exportateurs et automobile chutent encore à Tokyo

À Tokyo, les groupes exportateurs continuent de souffrir, dont Hitachi (-5,82%), Canon (-4,01%) ou Panasonic (-4,07%). Outre les taxes douanières américaines, ils étaient plombés par le renforcement du yen.

L'automobile, frappée de surtaxes américaines de 25% en vigueur depuis jeudi, continue de dégringoler, à l'image des constructeurs japonais Nissan (-4,17%), Toyota (-5,45%) et Honda (-5,60%).

Les puces dévissent, la tech affolée

Autre secteur sous pression: les groupes liés aux semiconducteurs dévissent de concert à Tokyo comme Advantest (-8,09%), Renesas (-12,61%), Screen Holdings (-4,75%) ou Sumco (-8,67%). A Séoul, le fabricant de puces SK Hynix lâchait 6% dans les derniers échanges.

Certes, les puces ne sont pas concernées par les taxes douanières américaines, mais ces dernières pourraient déstabiliser les chaînes de production électroniques à travers l'Asie: Apple a ainsi dégringolé de 9,25% jeudi à New York, laissant s'envoler plus de 300 milliards de dollars de capitalisation boursière.

Or et obligations: les valeurs refuge résistent

L'or, considéré comme valeur refuge par excellence face aux incertitudes, se stabilisait vers 06H30 GMT à 3.102 dollars l'once, en léger repli après son record historique atteint la veille.

Et le yen, considéré comme une devise sûre, s'est hissé en fin d'échanges américains, à son plus haut niveau en six mois face à un dollar plombé par les inquiétudes sur l'économie et l'inflation aux Etats-Unis.

La devise nippone est ainsi montée à 145,20 yens pour un dollar, avant de se stabiliser en fin d'échanges asiatiques à 146,11 yens pour un dollar.

Le marché de la dette, lui aussi considéré comme valeur sûre, reste le grand gagnant: le vif appétit des investisseurs se traduit par une chute des rendements des emprunts d'État américains et japonais à dix ans.

Pétrole en berne

Le marché du pétrole pique toujours du nez, plombé par les risques économiques de la guerre commerciale.

"Il ne s'agit pas seulement d'une question de demande mondiale: c'est la prise de conscience que les tensions sur l'offre pétrolière importent peu si les consommateurs américains sont contraints par la récession et les licenciements", avertit Stephen Innes, de SPI Asset Management.

Vers 06H30 GMT, le baril de WTI américain perdait 1,27% à 66,10 dollars et celui de Brent de la mer du Nord 1,20% à 69,30 dollars.

Avec AFP

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