L'armée israélienne déclare Gaza-ville «zone de combat dangereuse»
Malgré les appels internationaux à un cessez-le-feu, Israël poursuit ses opérations militaires dans toute la bande de Gaza. ©BASHAR TALEB / AFP

L'armée israélienne a déclaré vendredi que Gaza-ville était désormais une «zone de combat dangereuse», sans pour autant appeler la population à évacuer immédiatement, alors qu'Israël menace d'y lancer une offensive militaire d'envergure contre le Hamas.

«À partir d'aujourd'hui, à 10h00 (07h00 GMT, NDLR), la pause tactique locale dans l'activité militaire ne s'appliquera pas à la zone de la ville de Gaza, qui constitue une zone de combat dangereuse», indique un communiqué militaire.

Cette «pause tactique locale» quotidienne avait été annoncée fin juillet pour Gaza-ville et d'autres zones de la bande de Gaza pour, selon l'armée, «permettre le passage en toute sécurité des convois de l'ONU» et d'ONG humanitaires dans le territoire palestinien affamé et dévasté par la guerre.

L'armée israélienne a ajouté qu'elle continuera «desoutenirleseffortshumanitairesenmargedesmanœuvresetdesopérationsmilitairescontrelesterroristesdanslabandedeGaza».

La Défense civile dans Gaza a fait état vendredi de 33 morts dans le territoire palestinien depuis l'aube.

Interrogée par l'AFP, l'armée n'a pas réagi dans l'immédiat.

Compte tenu des restrictions imposées aux médias à Gaza et des difficultés d'accès sur le terrain, l'AFP n'est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les bilans et affirmations des différentes parties.

Malgré des pressions grandissantes, tant à l'international qu'au sein de la société israélienne, pour mettre un terme à la guerre, l'armée a déclaré jeudi que ses soldats «poursuiv(ai)entleursopérations» dans tout le territoire.

L'armée avait affirmé mercredi que l'évacuation de Gaza-ville était «inévitable», au vu de la décision prise par Israël de prendre le contrôle de cette localité, la plus grande du territoire, considérée comme un des derniers bastions du Hamas.

Mais de nombreux acteurs humanitaires jugent ce projet irréaliste et dangereux.

L'ONU estime à près d'un million de personnes la population actuelle du gouvernorat qui comprend Gaza-ville et ses environs.

«Je veux rentrer chez moi» 

Des camions et des voitures surchargés de matelas, de chaises et d’effets personnels quittaient vendredi toujours la ville de Gaza en direction du sud du territoire assiégé.

Abdul Karim Al-Damagh, 64 ans, un habitant du quartier de Sheikh Radwan dans la ville de Gaza a déclaré à l'AFP se déplacer «pourlacinquièmefois» depuis le début de la guerre.

«C'estlacinquièmefoisquejesuisdéplacédépuisledébutdecetteguerresansfinetaujourd'huiunefoisencore,jedoisabandonnercequirestademamaisonetdemessouvenirs», a-t-il dit.

Mohamed Abu Qamar, 42 ans, originaire du camp de réfugiés de Jabalia se dirigeant vers le sud du territoire palestinien, dit espérer «quecetteguerresetermine».

«Nousespéronspouvoirnoussentiren sécurité, unsentimentperdudepuisdeuxans.» dit-il.

«Jevoudraisrentrerchezmoiettoutretrouverintactnavecunemichedepainetunecouverturepournoustenirauchaud», ajoute ce père de cinq enfants.

L'attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.219 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP reposant sur des données officielles.

Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 49 restent retenues dans la bande de Gaza dont au moins 27 sont mortes selon l'armée.

L'offensive de représailles israélienne a fait au moins 62.966 morts dans ce territoire palestinien, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, jugés fiables par l'ONU.

Commentaires
  • Aucun commentaire