Les États-Unis refusent l’octroi de visas à des responsables palestiniens avant l’AG de l’ONU
©Charly Triballeau / AFP

Les États-Unis ont annoncé vendredi refuser l’octroi de visas à des membres de l’Autorité palestinienne avant l’Assemblée générale de l’ONU prévue en septembre, où la France plaidera pour la reconnaissance d’un État palestinien.

«Le secrétaire d’État Marco Rubio révoque et refuse l’octroi de visas pour les membres de l’Organisation de libération de la Palestine et de l’Autorité palestinienne avant la prochaine Assemblée générale des Nations unies», a déclaré le département d’État dans un communiqué.

Cette mesure extraordinaire rapproche encore l’administration Trump du gouvernement israélien, qui rejette catégoriquement l’idée d’un État palestinien et cherche à mettre sur le même pied l’Autorité palestinienne, basée en Cisjordanie, et le Hamas à Gaza.

«L’administration Trump a été claire: il est dans l’intérêt de notre sécurité nationale de tenir l’Organisation de libération de la Palestine et l’Autorité palestinienne pour responsables de ne pas respecter leurs engagements et de compromettre les perspectives de paix», peut-on lire dans le communiqué.

Le département d’État a accusé les Palestiniens de se servir de la justice à des fins illégitimes en se tournant vers la Cour pénale internationale et la Cour internationale de justice pour résoudre leurs contentieux avec Israël.

L’Autorité palestinienne doit mettre fin aux «tentatives pour contourner les négociations à travers des guerres judiciaires internationales» et aux «efforts pour obtenir la reconnaissance unilatérale d’un État palestinien», dit le texte.

Les États-Unis ne sont pas censés refuser des visas aux fonctionnaires se rendant à l’ONU, dont le siège est à New York, en vertu d’un accord que le département d’État assure respecter en autorisant la mission palestinienne auprès des Nations unies.

Le département d’État n’a pas précisé si la mesure s’appliquait à tous les responsables palestiniens.

Son porte-parole a déclaré que les États-Unis «restaient ouverts à une reprise des contacts si l’Autorité palestinienne et l’Organisation de libération de la Palestine prenaient des mesures concrètes pour revenir à une discussion constructive».

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, doit participer à la 80e Assemblée générale de l’ONU, qui se tiendra du 9 au 23 septembre, selon Riyad Mansour, ambassadeur palestinien auprès des Nations unies.

«Nous verrons ce que cela implique exactement et comment cela s’applique à nos délégations, puis nous répondrons en conséquence», a dit M. Mansour à la presse.

Fin juillet, Emmanuel Macron a annoncé que la France allait reconnaître l’État de Palestine à l’Assemblée générale de l’ONU. Dans la foulée, plus d’une dizaine de pays occidentaux ont appelé d’autres pays du monde à faire de même.

En 1988, Yasser Arafat, chef de l’Organisation de libération de la Palestine, avait prononcé un discours lors d’une session spéciale de l’Assemblée générale réunie à Genève plutôt que New York, après un refus des États-Unis de le laisser entrer sur leur territoire.

Donald Trump prévoit d’assister à l’Assemblée générale de septembre où il prononcera un des premiers discours. Son administration a nettement limité les relations avec les Nations unies et d’autres organisations internationales.

 

Avec AFP

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