Mahmoud Abbas privé de visa US, l'UE presse Washington de \
Le président palestinien Mahmoud Abbas s’adresse à la 78e Assemblée générale des Nations unies au siège de l’ONU à New York, le 21 septembre 2023. ©Bryan R. Smith / AFP

Les États-Unis ont refusé ou révoqué des visas à quelque 80 Palestiniens, dont le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, pour l'AG de l'ONU en septembre à New York, où Paris plaidera pour la reconnaissance d'un État palestinien, a indiqué samedi un responsable du département d'État.

La diplomatie américaine avait annoncé vendredi soir que son «secrétaire d'État Marco Rubio révoqu(ait) et refus(ait) l'octroi de visas pour les membres de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et de l'Autorité palestinienne (AP)». Ce responsable a précisé samedi que Mahmoud «Abbas était concerné par cette mesure ainsi qu'environ 80 autres responsables de l'AP».

«Avant de pouvoir être prises au sérieux en tant que partenaires pour la paix, l'AP et l'OLP doivent répudier le terrorisme, les campagnes de guérilla judiciaire devant la CPI (Cour pénale internationale) et la CIJ (Cour internationale de justice), ainsi que la quête de la reconnaissance unilatérale de l'État» palestinien, a précisé dans un communiqué le porte-parole adjoint du département d'État, Tommy Pigott.

En revanche, il a déclaré que la «mission de l'AP aux Nations unies» à New York, dont le chef est l'ambassadeur palestinien Riyad Mansour «recevrait des exemptions (de visas) en vertu d'un accord entre l'ONU» et le département d'État qui permet aux responsables palestiniens de la mission de continuer de travailler dans la plus grande ville des États-Unis.

Vendredi soir, l'Autorité palestinienne avait en retour exprimé «son profond regret et son étonnement» face à cette décision qui est «en contradiction avec le droit international», et a appelé Washington à «revenir» dessus.

Et l'Union européenne, dont la France doit plaider au cours de la semaine de l'Assemblée générale de l'ONU fin septembre pour la reconnaissance d'un État palestinien, a appelé samedi les États-Unis à «reconsidérer» leurs refus de visas.

"Nous demandons tous instamment que cette décision soit reconsidérée, compte tenu du droit international", a déclaré la cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas, qui s'exprimait à Copenhague après une réunion des ministres des Affaires étrangères des 27 États membres de l'Union.

Après l'appel de l'UE à Washington à reconsidérer sa décision, le département d’État a précisé que les États-Unis ont refusé ou révoqué des visas à quelque 80 Palestiniens, dont le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Ce geste a aussi été dénoncé samedi, à Copenhague, par le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot, selon qui "le siège des Nations Unies est un lieu de neutralité (...) un sanctuaire, au service de la paix". "Une assemblée générale des Nations Unies ne saurait souffrir d'aucune restriction d'accès", a-t-il insisté.

"On doit pouvoir discuter ensemble. On ne peut pas nous prendre en otage", a lancé de son côté son homologue luxembourgeois Xavier Bettel, suggérant d'organiser à Genève (Suisse) une session spéciale de l'AG de l'ONU pour s'assurer de la présence des Palestiniens.

AFP

 

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