Les ministres des Affaires étrangères turc et syrien ont tenu une conférence de presse conjointe à Damas après des discussions centrées sur les relations entre le gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS).
Le ministre turc des Affaires étrangères a indiqué que les discussions ont porté sur les pourparlers en cours avec les FDS et a réaffirmé le soutien d’Ankara à l’intégration du groupe dans les forces syriennes d’une manière bénéfique pour toutes les parties, tout en soulignant l’importance de la stabilité en Syrie.
Les responsables turcs et syriens ont tous deux déclaré ne pas avoir constaté de réelle volonté de la part des FDS de mettre en œuvre l’accord du 10 mars, que le ministre syrien des Affaires étrangères a décrit comme reflétant la volonté d’unité du pays. Il a ajouté que les retards dans l’intégration des FDS nuisent aux habitants de la région de Jazira.
Le ministre turc a également affirmé que l’abrogation de la loi américaine Caesar contribuerait à la stabilité de la Syrie et de la région et aiderait à attirer des investissements, et a évoqué les discussions sur le rôle potentiel de la Syrie après son intégration dans la coalition anti-ISIS dirigée par les États-Unis.
Une délégation turque de haut niveau doit rencontrer le président syrien Ahmad el-Chareh à Damas lundi, a annoncé le ministère turc des Affaires étrangères.
Depuis la chute de l’ancien dirigeant syrien Bashar al-Assad fin de l’année dernière, les deux pays ont développé des liens étroits. La visite du ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan et du ministre de la Défense Yasar Guler permettra de faire «une évaluation générale» des relations, selon une source ministérielle citée par l’AFP.
Les discussions aborderont également «les progrès dans la mise en œuvre de l’accord du 10 mars» entre Damas et les FDS dirigées par les Kurdes, visant à intégrer d’ici la fin de l’année les institutions civiles et militaires semi-autonomes kurdes dans l’État, a précisé la source. Des divergences entre les deux parties ont jusqu’ici retardé l’application de cet accord.
La semaine dernière, Hakan Fidan a averti les FDS, qui contrôlent de vastes zones riches en pétrole dans le nord-est de la Syrie, que la patience des principaux acteurs «s’épuise» et les a conseillées de ne pas retarder davantage l’intégration de leurs forces.
Ankara prévoit également d’aborder «les risques sécuritaires émergents dans le sud de la Syrie dus à l’agression israélienne», ainsi que l’entrée officielle de la Syrie dans la coalition dirigée par les États-Unis contre le groupe État islamique.
La semaine dernière, les forces américaines ont frappé plus de 70 cibles de l’EI en Syrie, ce que le président Donald Trump a qualifié de «représailles très sérieuses» suite à une attaque meurtrière contre des soldats américains à Palmyre le 13 décembre.
«La coopération (entre Damas et Ankara) vise à prévenir la résurgence de Daesh, qui cherche à exploiter la fragilité en Syrie», a ajouté la source turque.
La Turquie partage une frontière de 900 kilomètres avec la Syrie. Entre 2016 et 2019, elle a lancé trois offensives dans le nord du pays contre les combattants kurdes syriens et le groupe État islamique.
L’EI avait saisi de vastes territoires en Syrie et en Irak en 2014 avant d’être défait territorialement en Syrie en 2019, mais il maintient depuis une présence dans le pays, notamment dans le vaste désert syrien.
AFP


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