Émirats arabes unis: la majorité change d'âge
©Karim Sahib / AFP

Les Émirats arabes unis ont annoncé jeudi un changement majeur dans leur système juridique: l’âge légal de la majorité est passé de 21 ans à 18 ans. Cette réforme fait partie d’un vaste programme de modernisation du droit civil adopté le 1ᵉʳ janvier 2026.           

La majorité, c’est l’âge à partir duquel une personne est reconnue légalement adulte. Avant cette réforme, un jeune Émirati n’était considéré comme adulte qu’à 21 ans selon le droit des transactions civiles. 

Pourquoi ce changement ?

Les autorités expliquent que cette décision sert deux objectifs clairs: harmoniser le droit interne avec les pratiques internationales, et encourager l’autonomie des jeunes. En effet, la plupart des pays dans le monde reconnaissent 18 ans comme âge de majorité, ce qui n’était pas le cas aux Émirats. De plus, le pays veut soutenir l’entrepreneuriat. Avec une population jeune et un marché dynamique, permettre à des 18-20 ans d’entrer pleinement dans la vie économique et civile est vu comme un levier de croissance et d’innovation. 

Le nouveau cadre légal clarifie aussi d’autres points: les mineurs dès 15 ans peuvent désormais demander une autorisation judiciaire pour gérer certains biens, ce qui vise à soutenir notamment les jeunes entrepreneurs. 

Cette réforme s’inscrit dans une série de changements plus larges du droit civil et commercial du pays. Le gouvernement dit vouloir créer un cadre plus simple, cohérent et adapté à un monde où les jeunes jouent un rôle économique de plus en plus important. 

Ce que ça change pour les jeunes

À 18 ans, un jeune Émirati est maintenant considéré comme adulte aux yeux de la loi. Il peut signer des contrats, gérer ses biens et s’engager légalement sans représentation parentale. Il peut aussi entreprendre une activité économique sans attendre 21 ans. Mais ce changement ne modifie pas forcément les autres âges spécifiques, comme l’âge pour conduire, voter ou se marier, qui restent soumis à d’autres règles. Il s’agit bien ici, et selon les médias Gulf News et The National News, d’une définition générale de l’entrée dans la vie adulte juridique. 

Et la charia, dans tout ça ?

Cette réforme touche aussi à un point sensible du système juridique émirati, qui est la place de la charia. Le texte ne l’écarte pas, il précise au contraire que lorsque la loi civile ne donne pas de réponse claire, le juge peut se référer aux principes de cette loi religieuse et morale islamique, mais avec une marge d’interprétation élargie. Il n’est plus tenu de suivre une école juridique précise, il peut choisir la solution qu’il estime la plus juste et la plus adaptée au cas présenté. L’idée est de préserver l’ancrage religieux tout en évitant une lecture rigide du droit. Les autorités veulent ainsi créer un équilibre, de sorte à moderniser sans rompre, clarifier sans renier, et accélérer sans brusquer. 

Pourquoi 21 ans reste encore la règle dans certains pays

Dans la plupart des pays, la majorité civile est fixée à 18 ans. Mais ce n’est pas une règle universelle. Dans plusieurs États, l'âge de la majorité reste fixé à 21 ans, souvent pour des raisons historiques, juridiques ou religieuses. 

C’est le cas notamment dans certains pays africains comme le Cameroun, le Tchad ou la Côte d’Ivoire, où la pleine capacité civile est toujours accordée à 21 ans. Le Honduras fonctionne également sur ce seuil pour la majorité civile, malgré une majorité électorale plus basse. 

La situation peut aussi être plus complexe. Au Liban par exemple, la majorité est fixée à 18 ans, mais le droit de vote est réservé aux citoyens âgés de 21 ans. Dans d’autres pays, l'âge peut varier selon qu’il s’agisse du droit civil, du droit électoral ou du droit familial. 

 

 

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