Des forces soutenues par l’Arabie saoudite progressent dans la province yéménite de Hadramawt
Un extrait vidéo daté du 3 janvier 2026, issu d’images diffusées par Aden Independent Channel (AIC TV) le 2 janvier 2026, montre le moment où une frappe touche les forces du Conseil de transition du Sud (STC) à Seiyun, dans le gouvernorat de Hadhramaut, alors que la coalition dirigée par l’Arabie saoudite riposte à l’avancée massive du STC soutenu par les Émirats, menaçant de provoquer une confrontation majeure. ©Aden Independent Channel (AIC TV) / AFP

Des troupes soutenues par l’Arabie saoudite ont réalisé samedi des avancées dans la province yéménite riche en ressources de Hadramawt, ont indiqué des responsables militaires, alors que les affrontements entre forces appuyées par Riyad et Abou Dhabi creusent un profond fossé entre les deux alliés du Golfe.

Depuis des années, l’Arabie saoudite et les Émirats soutiennent des factions rivales au sein du gouvernement yéménite fracturé. Mais l’offensive récente du Conseil de transition du Sud (STC), soutenu par les Émirats, pour s’emparer de Hadramawt a provoqué la colère de Riyad, mettant les deux puissances pétrolières sur une trajectoire de confrontation.

Après des avertissements répétés et des frappes aériennes, y compris sur un prétendu chargement d’armes émirati cette semaine, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite a lancé vendredi une série d’attaques, notamment contre le camp militaire d’Al-Khasha à Hadramawt, qui a fait 20 morts selon le groupe séparatiste.

Deux responsables militaires du gouvernement aligné sur Riyad ont déclaré à l’AFP samedi matin que les forces soutenues par l’Arabie saoudite avaient pris le contrôle de la principale base militaire de la ville yéménite de Mukalla, capitale de Hadramawt.

Selon un journaliste de l’AFP, des coups de feu ont été entendus tôt samedi dans la ville et, bien que les habitants aient décrit un effondrement de la sécurité, les forces pro-saoudiennes semblaient progresser avec peu de résistance.

Dans la ville de Seiyun, à 160 kilomètres au nord-ouest de Mukalla, un responsable militaire gouvernemental a indiqué que les forces pro-saoudiennes avaient pris le contrôle de l’aéroport, visé par les frappes de vendredi, ainsi que de bâtiments administratifs.

«Nous travaillons à les sécuriser», a précisé le responsable militaire.

Un officier militaire du STC a déclaré : «Il y a eu un retrait de nos forces et nous résistons aux forces attaquantes à Seiyun».
«Nous avons procédé à un retrait complet des zones d’Al-Khasha… sous la pression des frappes aériennes saoudiennes», a-t-il ajouté.

Appel au dialogue

Les habitants de Seiyun ont également rapporté avoir entendu des tirs et des affrontements tôt samedi.

L’Arabie saoudite a appelé samedi au dialogue entre les factions du sud du Yémen. Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, le ministère saoudien des Affaires étrangères a proposé «une conférence globale à Riyad réunissant toutes les factions du Sud pour discuter de solutions justes à la cause du sud». Riyad a précisé que le gouvernement yéménite avait émis l’invitation pour ces discussions.

Les Émirats ont également exhorté samedi les Yéménites à «mettre fin à l’escalade et à résoudre leurs différends par le dialogue».

Le STC cherche désormais à déclarer l’indépendance et à former un État sécessionniste, ce qui diviserait le plus pauvre pays de la péninsule arabique en deux.

Vendredi, les séparatistes ont annoncé le début d’une période transitoire de deux ans en vue de déclarer un État indépendant, précisant que le processus inclurait un dialogue et un référendum sur l’indépendance.

Le président du STC, Aidaros Alzubidi, a indiqué que cette phase transitoire comprendrait un dialogue avec le nord du Yémen, contrôlé par les rebelles houthis soutenus par l’Iran, ainsi qu’un référendum sur l’indépendance.

Mais il a averti que le groupe déclarerait l’indépendance «immédiatement» en cas d’absence de dialogue ou de nouvelle attaque contre le sud du Yémen.

La coalition soutenue par l’Arabie saoudite a été formée en 2015 pour tenter de chasser les rebelles houthis du nord du Yémen.

Mais après une guerre civile brutale et longue de dix ans, les Houthis restent en place, tandis que les factions soutenues par l’Arabie saoudite et les Émirats s’affrontent dans le sud.

AFP

 

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