Le président Donald Trump a déclaré samedi que les États-Unis «dirigeront» le Venezuela jusqu'à ce qu'une transition politique «sûre» puisse avoir lieu, après l'opération américaine de capture du président vénézuélien Nicolás Maduro.

«Nous allons diriger le pays jusqu'à ce que nous puissions procéder à une transition sûre, appropriée et judicieuse», a dit le président américain lors d'une conférence de presse en Floride, ajoutant que les États-Unis étaient prêts à lancer «une seconde attaque plus importante si besoin». Et d’ajouter: « Le Venezuela a longtemps souffert et n’exportait que des quantités limitées de pétrole au regard de son potentiel. »

Les États-Unis ont mené une frappe militaire «à grande échelle» contre le Venezuela, avait annoncé samedi à l’aube Donald Trump dans une publication sur son réseau Truth Social. Au cours de l’opération, le président vénézuélien Nicolás Maduro a été capturé avec son épouse puis exfiltré du pays par avion, toujours selon Donald Trump.

 

Caracas, la capitale du Venezuela, a été plongée dans l'obscurité pour permettre l'opération des forces américaines contre le président Nicolas Maduro, a révélé M. Trump lors de sa conférence de presse, en présence notamment des secrétaires à la Défense et d’État, Pete Hegseth et Marco Rubio.

Selon Trump, Maduro et sa femme sont en route vers New York, où ils devront répondre de poursuites pénales liées notamment au trafic de drogue et à d’autres crimes présumés. Le président américain a accusé Maduro d’avoir envoyé des gangs de narcotrafiquants pour terroriser les Américains, de soutenir des régimes hostiles aux intérêts des États-Unis et de menacer la stabilité régionale. «Je ne laisserai pas les criminels agir en toute impunité», a-t-il affirmé, ajoutant que cette arrestation devait servir d’avertissement aux autres responsables politiques vénézuéliens.

M. a affirmé L’opération s’est déroulée avec un grand succès, à l’image des opérations contre Qassem Soleimani, Abou Bakr al-Baghdadi et des frappes contre les sites nucléaires iraniens.

«Tendance à faire fuiter»

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a estimé que la mission militaire américaine ayant conduit à des frappes au Venezuela et à l’arrestation du président Nicolás Maduro n’était « pas le type d’opération pour laquelle on peut informer le Congrès à l’avance ».

«Il s’agissait d’une mission déclenchée par des conditions précises, qui devaient être réunies nuit après nuit. Nous avons observé et surveillé la situation pendant plusieurs jours. Ce n’est donc tout simplement pas le genre de mission pour laquelle on peut appeler des responsables et dire : Nous pourrions faire cela à un moment donné au cours des quinze prochains jours», a déclaré Rubio à des journalistes en Floride samedi.

«Ce n’est pas le type d’opération que l’on peut annoncer à l’avance, car cela mettrait la mission en danger», a-t-il ajouté, précisant qu’il s’agissait « en grande partie d’une action relevant du maintien de l’ordre ».

Donald Trump a reconnu que le Congrès n’avait pas été pleinement informé à l’avance de l’opération, estimant que les parlementaires «ont tendance à faire fuiter les informations». Il a précisé que l’armée américaine avait aidé le département de la Justice à procéder à l’arrestation.

S’adressant au peuple vénézuélien, Trump a promis paix, justice et sécurité, affirmant que le pays «reviendrait à son peuple». Il a indiqué que les États-Unis entendaient superviser le Venezuela durant une phase de transition afin de garantir une gouvernance «juste et appropriée». Selon lui, le secrétaire d’État Marco Rubio, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et de hauts responsables de la Maison-Blanche travailleront avec des Vénézuéliens pour administrer le pays dans cette phase initiale.

Malgré des déclarations antérieures excluant une présence terrestre, Trump a également affirmé que des troupes américaines étaient prêtes à retourner au Venezuela si nécessaire. De hauts responsables militaires ont, de leur côté, indiqué que les forces américaines resteraient déployées dans la région pour défendre les intérêts des États-Unis.

«Du pétrole volé»

Donald Trump a insisté sur l’importance du secteur pétrolier vénézuélien, affirmant que les infrastructures seraient reconstruites et que des compagnies pétrolières américaines reviendraient pour reprendre et développer les ressources. Il a soutenu que ces infrastructures avaient été initialement construites par les États-Unis avant d’être «volées». Selon lui, le Venezuela finira par vendre son pétrole à des prix plus élevés à de nombreux pays, tandis que Washington se concentrera sur la relance de la production.

Marco Rubio a déclaré que Nicolás Maduro avait bénéficié de nombreuses occasions et qu’il n’avait jamais été reconnu comme président légitime du Venezuela par les précédentes administrations américaines. Il a ajouté que Maduro avait retenu des Américains en otage et qu’une récompense existait depuis longtemps pour le traduire en justice. Rubio a dit espérer que des leçons seraient tirées de cette arrestation et a qualifié Trump de «président de la paix» qui tient ses promesses.

Les avertissements de Trump

Dans ses déclarations, Donald Trump a également évoqué d’autres dossiers internationaux, affirmant que le président russe Vladimir Poutine «tuait beaucoup de gens» et se disant attristé par la situation, tout en précisant qu’il n’avait pas évoqué le Venezuela avec lui. Il a par ailleurs minimisé le soutien à la figure de l’opposition vénézuélienne María Corina Machado, estimant qu’elle ne bénéficiait pas d’un appui réel dans le pays.

À propos de Cuba, Trump a qualifié l’île d’État en faillite et affirmé que sa population souffrait sous le régime actuel, tandis que Rubio a évoqué un effondrement économique.

Trump a conclu en présentant l’opération comme la preuve d’un retour de la puissance américaine. «L’Amérique ne perd pas d’argent, elle en gagne», a-t-il déclaré, ajoutant que les États-Unis étaient redevenus le pays le plus respecté au monde et que «seulement avec moi, nous remportons des victoires».

Le président américain a également lancé un avertissement à son homologue colombien, Gustavo Petro, avec lequel il s’est affronté verbalement ces derniers mois. Il lui a conseillé de «faire attention», l’accusant de produire de la cocaïne envoyée vers les États-Unis.

En réaction, Gustavo Petro a dénoncé une « atteinte à la souveraineté » de l’Amérique latine et estimé que les actions de Washington entraîneraient une crise humanitaire.

AFP

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