Yémen : Riyad frappe les séparatistes du Sud, leur chef Zoubaidi porté disparu
Aidarous al-Zoubaidi, chef du Conseil de transition du Sud (STC) du Yémen, donne une conférence de presse dans le quartier de Khor Maksar, dans la deuxième ville du pays, Aden, le 29 août 2019. ©Nabil Hasan / AFP

La coalition menée par l'Arabie saoudite a bombardé mercredi la province du chef des séparatistes du sud du Yémen, soutenu par les Émirats arabes unis, en fuite après avoir été chassé de la présidence du pays et accusé de «haute trahison» pour tentative de sécession.

Plus de 15 frappes ont visé la province de Dhale, selon un responsable local, le jour même où le chef des séparatistes du Conseil de transition du Sud (STC), Aidarous al-Zoubaidi, devait se rendre à Riyad pour des pourparlers entre les différentes factions à la tête du pays.

Ces frappes ont tué quatre civils, selon deux sources hospitalières.

La coalition menée par Riyad a annoncé avoir mené des «frappes préventives limitées» contre les séparatistes pour les empêcher selon elle d'«étendre le conflit».

Elle a ajouté que M. al-Zoubaidi avait «fui vers un lieu inconnu» et n'était pas monté dans l'avion qui devait le conduire la veille en Arabie saoudite.

Aidarous al-Zoubaidi dirige le STC, une faction membre de la coalition gouvernementale yéménite qui aspire à recréer un État dans le sud du Yémen, où une république était indépendante entre 1967 et 1990.

Début décembre, ses forces se sont emparées de vastes territoires. Mais les autres factions gouvernementales, proches de Riyad, appuyées par des frappes saoudiennes, ont riposté, reprenant début janvier le terrain perdu.

L'Arabie saoudite avait invité dans la foulée les deux camps à un «dialogue» dans la capitale saoudienne mercredi pour mettre fin à ces affrontements. Le STC avait confirmé sa participation à ces discussions.

Mais vers minuit (21H00 GMT mardi), la coalition a «reçu des informations selon lesquelles Aidarous al-Zoubaidi avait déplacé une importante force, comprenant des blindés, des véhicules de combat, des armes lourdes et légères et des munitions» vers la province de Dhale, son fief dans le sud-ouest du Yémen, selon le communiqué.

En fuite

La délégation séparatiste a décollé vers Riyad, mais sans M. al-Zoubaidi «qui a fui vers un lieu inconnu, laissant les membres et dirigeants du STC sans la moindre information sur ce qu'il était devenu après avoir distribué des armes et des munitions (...), dans le but de provoquer des troubles à Aden dans les heures à venir», a ajouté la coalition, mentionnant la capitale provisoire du gouvernement yéménite.

La coalition a dit avoir repéré les forces séparatistes dans la province de Dhale et, à 04H00 (01H00 GMT), avoir «mené des frappes préventives limitées pour neutraliser ces forces et faire échec à l'objectif d'Aidarous al-Zoubaidi de provoquer une escalade du conflit et de l'étendre dans le gouvernorat de Dhale».

Un peu plus tard, le chef du Conseil présidentiel a annoncé la révocation de M. al-Zoubaidi pour «haute trahison».

Il a également ordonné son défèrement devant le procureur général pour avoir «constitué une bande armée», commis des meurtres de militaires et de civils et violé la Constitution, entre autres.

Le Yémen est ravagé par la guerre depuis que les Houthis, soutenus par l'Iran, se sont emparés en 2014 de la capitale Sanaa, puis de larges pans du pays.

Le conflit s'est internationalisé un an plus tard quand l'Arabie saoudite a pris la tête d'une coalition internationale pour soutenir le gouvernement yéménite face aux Houthis.

Des rivalités internes au sein du camp anti-houthi ont déclenché un nouveau conflit en 2018, opposant les séparatistes du sud regroupés au sein du STC aux forces du gouvernement, respectivement soutenus par les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite, autrefois réunis au sein de la même coalition.

AFP

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