Gaza: le diplomate pressenti pour le plan Trump déjà sur le pont
L'envoyé spécial des Nations unies, Nickolay Mladenov, s'exprime lors d'une conférence de presse à Jérusalem le 25 juin 2020. ©MENAHEM KAHANA / AFP

Avant même sa nomination attendue au Conseil de paix, que Washington veut instaurer à Gaza, le diplomate bulgare Nickolay Mladenov a entamé ses entretiens en Israël et en Cisjordanie, où sera mise à rude épreuve son expérience de la région.

L’ex-Coordonnateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient était décrit ces derniers jours par le site américain Axios comme futur représentant du Conseil de la paix, théoriquement présidé par le président américain Donald Trump.

Le bureau du Premier ministre israélien l’a lui-même présenté jeudi comme étant «prévu» pour diriger l’organe transitoire, après des réunions entre le Bulgare, Benjamin Netanyahou et le président Isaac Herzog.

Selon Axios, Donald Trump doit officialiser la création du conseil la semaine prochaine, avec 15 représentants issus notamment du Royaume-Uni, d’Allemagne, de France, d’Italie, d’Arabie saoudite, du Qatar, d’Égypte et de Turquie.

Mais dès jeudi, MM. Netanyahou et Mladenov ont discuté de «l’objectif principal pour la suite, à savoir comment le Hamas devrait être désarmé», selon un haut responsable israélien.

Vendredi, il s’est rendu à Ramallah, en Cisjordanie, pour rencontrer notamment le vice-président palestinien Hussein al-Sheikh.

Celui-ci a souligné sur son compte X l’accent mis sur «la situation dans la bande de Gaza» et «les moyens de passer à la deuxième phase» du fragile accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, en œuvre depuis le 10 octobre.

La réunion a également abordé «l’escalade des attaques et de la violence des colons» contre les habitants de Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967 où la violence a explosé en parallèle de la guerre à Gaza.

Le plan Trump pour Gaza prévoit un gouvernement par un comité palestinien de technocrates, temporaire et apolitique, sous supervision du Conseil de paix.

Washington et les médiateurs régionaux (Qatar, Égypte) souhaitent lancer rapidement la deuxième phase du cessez-le-feu alors qu’Israël et le Hamas s’accusent régulièrement de violer la trêve.

Dernières violences en date, des frappes israéliennes à Gaza ont fait 13 morts dont cinq enfants jeudi, selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours opérant sous l’autorité du mouvement islamiste palestinien.

«Canaux ouverts»

La poursuite du processus prévu par le plan Trump semble au point mort, mais plusieurs diplomates ont confié à l’AFP un espoir renouvelé après les entretiens menés par M. Mladenov, en raison de sa solide expérience régionale.

Ex-ministre des Affaires étrangères bulgare (2010-13), il a aussi exercé les fonctions de représentant spécial de l’ONU pour l’Irak.

«Il a maintenu des canaux ouverts avec Israéliens et Palestiniens, mais aussi avec les Américains et les pays arabes, en particulier les Émirats arabes unis. Donc il pourrait devenir le chaînon manquant qui faisait défaut», explique à l’AFP un diplomate en poste dans la région.

«Ces dernières années nous ont montré à quel point les forces contraires qui s’opposent sont impossibles à faire bouger», ajoute-t-il. «On espère une sorte de miracle: qu’il trouve ce qui fera enfin basculer» la région vers la paix.

«Un engagement soutenu des États-Unis sera essentiel, de même que la volonté des partenaires européens et régionaux de contribuer à la fois financièrement et par le déploiement de troupes», écrivait M. Mladenov sur le site du Washington Institute en octobre.

L’ex-Premier ministre britannique Tony Blair avait été un temps évoqué pour jouer un rôle majeur au sein du conseil. Sa place dans le dispositif est aujourd’hui inconnue.

Nickolay Mladenov, lui, est clairement attendu.

Il «connaît extrêmement bien le Moyen-Orient, bien avant ses mandats sur place», assure à l’AFP Vessela Tcherneva, ex-porte-parole du ministre Mladenov, aujourd’hui directrice adjointe de l’European Council on Foreign Relations (ECFR).

«Il ne conçoit pas la diplomatie comme un simple marchandage. Il sait que se fixer un objectif et avoir la volonté de l’atteindre est tout aussi important».

Par Didier LAURAS / AFP

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