Le procès pour l'attaque en mai 2023 de la synagogue de la Ghriba pendant le pèlerinage juif annuel sur l'île de Djerba en Tunisie, qui avait fait cinq morts, a été ajourné sine die mardi, selon une journaliste de l'AFP sur place.
Iris, une rescapée de l'attaque venue de France pour se constituer partie civile, s'est dite «choquée» que l'audience ait «de nouveau été reportée» après deux ans et demi d'attente.
«Des personnes ont été assassinées et nous aussi, les survivants de l'attentat, avons besoin d'une réponse, du verdict de la justice pour pouvoir avancer à la suite de ce traumatisme», a-t-elle dit à l'AFP, refusant de donner son nom de famille.
La présidente du tribunal à Tunis a invoqué des raisons techniques.
Le 9 mai 2023, un gendarme de la Garde nationale avait tué trois de ses collègues ainsi que deux fidèles juifs, Aviel Haddad, un Tunisien de 30 ans, et son cousin Benjamin, un Français de 42 ans.
L'assaillant avait d'abord abattu un gendarme puis s'était rendu en quad jusqu'à la synagogue, à environ 20 km, où des centaines de personnes participaient au troisième jour de pèlerinage marqué par des processions festives.
Aux abords de la Ghriba, il avait ouvert le feu sur les gendarmes assurant la sécurité, tuant deux autres collègues avant d'être abattu.
Quatre visiteurs ainsi que cinq agents de sécurité avaient été blessés.
Les autorités tunisiennes avaient dénoncé une attaque «criminelle» mais s'étaient gardées de la qualifier de «terroriste» ou de lui conférer une dimension antisémite.
Deux accusés en détention, dont la fiancée de l'assaillant, sont poursuivis pour «complicité d'homicides» et «adhésion à un groupe terroriste», tandis que trois autres ont été laissés en liberté provisoire et un dernier est en fuite, a précisé à l'AFP Nizar Ayed, l'un des avocats des parties civiles. Selon lui, l'assaillant a agi en «loup solitaire».
La mère de Halim, un étudiant emprisonné depuis l'attaque, a expliqué à l'AFP que sa famille louait un studio à l'assaillant. «Je lui faisais parfois à manger et demandais à mon fils de lui apporter de la nourriture, notre générosité s'est retournée contre nous», a estimé Latifa Jlidi.
La Tunisie comptait avant l'indépendance en 1956 plus de 100.000 juifs, une communauté tombée à environ 1.500 membres dont la grande majorité vit à Djerba.
La Ghriba, la plus ancienne synagogue d'Afrique, avait été visée en 2002 par un attentat suicide au camion piégé qui avait fait 21 morts.
AFP



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