Yémen: le chef des séparatistes en fuite appelle à des manifestations à Aden
Des Yéménites brandissant le drapeau de la République populaire du Yémen du Sud manifestent en faveur des séparatistes du sud du Yémen, sur la place Khormaksar, dans la ville portuaire d'Aden, le 10 janvier 2026 ©SALEH AL-OBEIDI / AFP

Le chef d’un mouvement séparatiste yéménite soutenu par les Émirats arabes unis a appelé jeudi à des manifestations à Aden dans un message adressé à une chaîne de télévision, sa première déclaration publique depuis sa disparition il y a plus d’une semaine.

Le président du Conseil de transition du Sud (STC), Aidarous al-Zoubaidi, a appelé «le peuple d’Arabie du sud à se rassembler dans la capitale Aden vendredi», selon une publication sur X de la chaîne Aden Independent Channel favorable aux séparatistes.

M. al-Zoubaidi, accusé de «haute trahison» et chassé du Conseil présidentiel yéménite, a été déclaré en fuite la semaine dernière, le jour-même où il devait participer à Ryad à une conférence censée ramener la paix entre les différentes factions à la tête du pays. Sa localisation reste disputée.

Des responsables saoudiens affirment qu’al-Zoubaidi s’est enfui aux Émirats arabes unis après que ses forces ont été chassées des territoires pris le mois dernier dans le sud du Yémen. Des responsables du STC assurent qu’il se trouve toujours au Yémen.

Jeudi, le dirigeant du STC a également appelé les manifestants à soutenir une déclaration d’État indépendant faite par les séparatistes en janvier et à exiger la libération des membres du mouvement détenus en Arabie saoudite, a rapporté la chaîne.

Le STC cherche à recréer l’État du Sud-Yémen, qui a existé de 1967 à 1990.

Le Yémen est ravagé par la guerre depuis que des rebelles chiites houthis, soutenus par l’Iran, se sont emparés en 2014 de la capitale Sanaa, puis de larges pans du pays.

Le conflit s’est internationalisé un an plus tard quand l’Arabie saoudite a pris la tête d’une coalition internationale pour soutenir le gouvernement yéménite face aux Houthis.

Les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite ont représenté la colonne vertébrale d’une coalition combattant les rebelles houthis, qui se sont emparés en 2014 de la capitale Sanaa et contrôlent encore la plus grande partie du pays.

Mais une offensive en décembre des forces du STC a plongé le Yémen dans une nouvelle période de troubles et mis en évidence de profondes divisions entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

L’avancée des forces soutenues par les Émirats dans les provinces de Hadramawt et Mahra, frontalières de l’Arabie saoudite et d’Oman, a été repoussée par des frappes aériennes saoudiennes et une contre-offensive terrestre des forces pro-saoudiennes.
AFP

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