Avec des militaires au Groenland, les Européens envoient «un signal» à «tout le monde»
Des militaires européens envoyés au Groenland pour «défendre leur souveraineté». ©AFP

L'envoi de militaires européens au Groenland pour un exercice vise à «envoyer un signal» à «tout le monde», y compris aux États-Unis, sur la détermination des pays européens à « défendre (leur) souveraineté », a fait valoir vendredi la ministre déléguée aux Armées française.

«Quand les pays membres de l'Europe font un exercice militaire, c'est un signal, c'est pour donner un signal de détermination à tout le monde», a affirmé Alice Rufo sur la radio FranceInfo.

«Il faut défendre la souveraineté territoriale des pays membres», a-t-elle ajouté, évoquant une «solidarité stratégique».

En «désaccord fondamental» avec Washington, le Danemark a obtenu l'envoi d'une mission militaire européenne au Groenland, territoire autonome danois convoité par Donald Trump qui met en avant les menaces russe et chinoise dans la zone.

La France, la Suède, l'Allemagne et la Norvège, rejoints par les Pays-Bas, la Finlande et le Royaume-Uni, ont annoncé l'envoi de quelques personnels militaires.

«Il y a une menace qui effectivement existe dans la région, et qui est documentée depuis plusieurs années, d'une présence de plus en plus affirmée de la Chine et de la Russie. Mais évidemment qu'il y a la question des États-Unis» et que «le signal qui est donné, il l'est aux États-Unis aussi», a-t-elle expliqué.

Ce «signal» est «que les Européens sont déterminés à défendre leur souveraineté». «Quand on envoie un signal sur la volonté de défendre sa souveraineté, on l'envoie à tout le monde et on l'envoie aussi à nous-même», selon elle.

La France a déjà déployé «une première équipe de militaires» au Groenland et va dépêcher «dans les prochains jours» de nouveaux «moyens terrestres, aériens et maritimes» dans le territoire autonome danois, a annoncé jeudi le président Emmanuel Macron.

Interrogée sur le nombre de militaires amenés à être déployés, Alice Rufo a indiqué que «cela dépendra des besoins». Ce qui importe, «c'est l'effet produit plutôt que le nombre», a-t-elle jugé.

La France ouvrira par ailleurs un consulat au Groenland le 6 février, a annoncé mercredi le chef de la diplomatie française.

AFP

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