Le rapport du médecin légiste, établi après l’examen du corps à la morgue de l’hôpital, a conclu que la victime avait subi des violences répétées à l’aide d’objets durs et en caoutchouc. Ces sévices ont provoqué de graves ecchymoses et blessures graves à la tête ainsi que sur différentes parties du corps, révélant que la victime avait tenté de se débattre. Les lésions ont entraîné des complications progressives, constituant la cause directe de son décès.
Dans un drame qui illustre l’ampleur des souffrances endurées par les femmes victimes de violences domestiques, «Nabila A.», âgée de 45 ans, a été violemment battue à mort par son mari à leur domicile de Tal Meeyan. L’enquête a révélé que l’agresseur avait frappé sa femme avec une brutalité extrême, principalement à la tête et au visage. Les rapports de la police et du médecin légiste décrivent une scène de violence difficilement soutenable.
Le mardi 21 octobre 2025, aux alentours de 14 heures, le poste de police d’Arida a reçu un appel du service des urgences de l’hôpital Al-Youssef signalant l’admission de «Nabila A.», décédée peu après son arrivée. Le neveu de la victime a informé les autorités que sa tante avait été agressée par son mari, «Ahmad T.», avant son transport à l’hôpital.
Sur instruction du procureur général, le Dr. Hussein Adawiya, médecin légiste, a procédé à l’examen du corps. Il a confirmé que la victime avait subi des violences répétées à l’aide d’objets durs et en caoutchouc, provoquant de graves contusions sur la tête et d’autres parties du corps, attestant qu’elle avait tenté de se défendre. Ces blessures ont entraîné des complications progressives, ayant conduit directement à son décès.
Nettoyage de la scène du crime et preuves accablantes
Les forces de l’ordre ayant inspecté le domicile conjugal, situé au troisième étage d’un immeuble du village, ont constaté une forte odeur de produits nettoyants et découvert, près du lit, un oreiller portant des taches rouges, susceptibles d’être du sang. Un tapis et deux coussins placés devant la seconde chambre présentaient des traces similaires, tout comme une serviette bleue retrouvée dans la salle de bain.
Le 19 novembre, un rapport de la police, accompagné de photographies, a documenté les marques d’un passage à tabac d’une extrême violence sur le corps de la victime: dos, avant-bras, jambes et arrière de la tête étaient couverts d’ecchymoses, révélant un assaut répété et brutal.
Le mari invoque les pressions de la vie quotidienne
Devant le juge d’instruction du Nord, Naji Dahdah, le mari a reconnu avoir frappé sa femme le matin des faits, affirmant que les coups, portés à la main, deux ou trois gifles au visage et à la tête, ainsi que quelques coups dans le dos, ne pouvaient, selon lui, causer la mort. Il a justifié ces violences par les pressions sociales et financières liées à la prise en charge de leurs six enfants. Il a également nié avoir empêché sa femme ou ses sœurs de se rendre à son domicile.
Les sœurs de la victime, «Souad A.» et «Rajaa A.», constituées parties civiles pour homicide à l’encontre de l'accusé et pour complicité de meurtre contre ses frères et ses belles-sœurs, ont déclaré que leur sœur était mariée à Ahmad T. depuis 2003 et qu’elle était mère de six enfants. Elles ont également affirmé que leur sœur subissait des violences conjugales depuis de nombreuses années. À plusie urs reprises, elles avaient tenté de l’aider et de l’accueillir chez elles sans succès, l’accusé ayant empêché tout contact depuis 2023. L’une d’elles a précisé que l’accusé avait déjà fracturé les mains de la victime et que les coups étaient devenus quotidiens depuis cette date.
La témoin, Fatima S., épouse du frère de l’accusé et résidant au deuxième étage, a déclaré que la victime était son amie proche et que les deux femmes se rendaient visite quotidiennement. Elle a précisé que les différends entre le couple se limitaient à des questions familiales et a ajouté que, le jour de l’incident, elle n’avait entendu ni cris ni violences provenant du domicile de l’accusé.
Quant aux trois enfants de l’accusé, ils ont affirmé que la relation entre leurs parents était normale, et que des conflits survenaient parfois en raison des pressions de la vie et de la situation économique. Ils ont reconnu que leur père frappait leur mère, mais rarement et sans brutalité excessive, contrairement aux rumeurs. Ils ont nié avoir subi la moindre pression pour témoigner, et ont admis que les messages vocaux envoyés par l’un d’eux demandant de l’aide provenaient bien d’eux, tout en précisant qu’ils avaient été exagérés
La décision préliminaire du juge d’instruction du Nord a conclu que les actes reprochés à l’accusé relevaient du crime prévu par l’article 547 du Code pénal, combiné aux paragraphes 8 et 9, ainsi qu’à l’article 2 de la loi n° 204/2020 relative à la protection des femmes et des membres de la famille contre les violences domestiques, et non d’un simple délit au titre de l'article 549 de la même loi. En conséquence, le mari a été renvoyé devant la cour d'assises, où il sera jugé pour des crimes passibles de travaux forcés allant de quinze à vingt ans.
Violences domestiques : 77 plaintes enregistrées en décembre 2025 via la ligne 1745
La Direction générale de la Sûreté intérieure a publié son rapport mensuel sur les violences domestiques pour le mois de décembre 2025, basé sur les appels reçus via la ligne d’assistance 1745:
- Violence physique : 66
- Violence sexuelle : 1
- Violence psychologique : 10
- Violence économique : 0
- Autres : 0
Concernant le lien entre l’auteur et la victime :
- Époux : 37
- Père : 16
- Frères / sœurs : 6
Selon la Direction, ce rapport inclut tous les appels relatifs aux violences physiques, sexuelles, psychologiques et économiques, reçus par les forces de l’ordre via le numéro 1745 et signalés par les victimes, des membres de leur famille ou des témoins, avec l’identification de la relation entre l’auteur et la victime.



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