Le président américain Donald Trump a signé jeudi à Davos la charte fondatrice de son «Conseil de paix», en présence d'une vingtaine de dirigeants ayant accepté de rallier cette instance internationale placée sous sa présidence.
Arrivé mercredi au Forum économique mondial dans la station suisse, où il a désamorcé la crise sur le Groenland qu'il avait lui-même provoquée, M. Trump doit rencontrer en milieu de journée son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.
S'autoproclamant faiseur de paix, le président américain a assuré que le Conseil, censé œuvrer à la résolution des conflits dans le monde, travaillerait «en coordination» avec les Nations unies.
«Félicitations président Trump, la charte est maintenant en vigueur et le Conseil de paix est désormais une organisation internationale officielle», a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.
Parmi les dirigeants ayant accepté de rejoindre ce Conseil figurent de proches alliés de Donald Trump, dont le président argentin Javier Milei ou le Premier ministre hongrois Viktor Orban.
«Dans la plupart des cas, ce sont des dirigeants très populaires, dans d’autres cas moins populaires. C’est comme ça dans la vie», a lancé M. Trump.
Lors d'un bref discours précédant la signature, le président américain a également adressé un avertissement au Hamas. «Ils doivent déposer les armes, et s’ils ne le font pas, ce sera leur fin», a-t-il déclaré, ajoutant que le mouvement islamiste «est né le fusil à la main».
Première annonce du Conseil, auquel Israël a accepté de participer: le point de passage de Rafah entre l’Egypte et la bande de Gaza rouvrira «dans les deux sens» la semaine prochaine, selon Ali Shaath, administrateur du territoire palestinien nouvellement nommé par cette alliance et ex-vice-ministre de l’Autorité palestinienne.
Donald Trump a par ailleurs affirmé que l’Iran souhaitait engager des discussions avec les Etats-Unis et que Washington était disposé à y répondre favorablement.
Ticket d'entrée à un milliard
Le ticket d’entrée au Conseil de paix est fixé à un milliard de dollars pour obtenir un siège permanent.
Environ 35 dirigeants ont déjà accepté de s’y joindre, sur une cinquantaine d’invitations envoyées, avait indiqué mercredi un haut responsable de l’administration Trump.
Donald Trump a affirmé que le président russe Vladimir Poutine avait accepté l’invitation, une information que Moscou a pour l’instant dit «étudier».
La France a décliné l’invitation, tandis que le Royaume-Uni, allié clé des Etats-Unis et membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, a également refusé de signer la charte.
Plusieurs pays du Moyen-Orient se sont en revanche montrés favorables, dont l’Arabie saoudite et le Qatar.
Rencontre avec Zelensky
L’invitation adressée à Vladimir Poutine suscite de vives inquiétudes chez les alliés des Etats-Unis, en particulier l’Ukraine, engagée depuis près de quatre ans dans une guerre contre la Russie, qui a envahi son territoire en février 2022.
Donald Trump doit rencontrer Volodymyr Zelensky à 13H00 (12H00 GMT). «Il ne reste qu’un point à régler» dans les négociations, a affirmé à Davos l’envoyé spécial américain Steve Witkoff, qui doit se rendre dans la journée à Moscou avec Jared Kushner pour des discussions avec le président russe.
M. Zelensky a dit craindre une perte d’attention internationale sur ce conflit, le plus meurtrier en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale.
Mercredi soir, Donald Trump a également annoncé «le cadre d’un futur accord» sur le Groenland, affirmant l’avoir conçu avec le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, tout en levant ses menaces commerciales et militaires.
M. Rutte a toutefois estimé qu’il restait «encore beaucoup de travail» et précisé que les discussions visaient à garantir «collectivement» la sécurité de sept pays de l’Arctique face à la Russie et à la Chine.
Le ministre danois de la Défense, Troels Lund Poulsen, a rappelé que la souveraineté du Royaume n’était «pas négociable». Selon une source proche des discussions, Washington et Copenhague vont néanmoins renégocier leur accord de défense de 1951 sur le Groenland.
Par Danny KEMP/AFP



Commentaires