La deuxième journée des débats parlementaires sur le budget de l’État pour l’exercice 2026 s’est ouverte mercredi à 11 h, dans l’enceinte du Parlement.
Critiqué par de nombreux députés, après avoir été préparé en Conseil des ministres et amendé par la commission des Finances, le projet de budget ne fait pas l’unanimité. Il a été vivement pointé du doigt par le parlementaire Ragi Saad, qui l’a qualifié de «budget de boutique et non de véritable budget d’État». Selon lui, «lorsque le gouvernement propose un budget reposant à 82 % sur les impôts prélevés directement sur les citoyens et ne consacrant que 11 % à l’investissement, il ne se comporte pas comme un État, mais comme un petit commerçant intéressé uniquement par la collecte et incapable d’organisation, de planification ou de gestion. L’exécutif ne se demande pas comment vit le citoyen, mais comment couvrir ses dépenses courantes et continuer à gaspiller», a-t-il martelé.
Il a, dans ce sens, ajouté que «la réforme n’est pas un slogan destiné à séduire l’étranger. Elle implique la présentation de comptes détaillés et le renforcement des organismes de contrôle, ainsi que la collecte des revenus issus notamment des biens publics».
Le député a également dénoncé «la responsabilité du secteur public inefficace dans l’effondrement du secteur privé et la perte de fonds des citoyens». Il a ainsi considéré que c’est la mauvaise gestion, le recrutement politique massif et des politiques financières déficientes qui ont étouffé l’économie, fragilisé le système bancaire et découragé l’investissement. «Au lieu de s’attaquer à la racine du problème, le gouvernement poursuit le secteur privé productif pour compenser ses échecs. Notre intervention aujourd’hui est un appel sincère pour corriger cette trajectoire et permettre à l’État de remplir son rôle réel: construire le pays et non gérer une boutique», a-t-il lancé.
Et de conclure: «Comment parler de confiance alors que le gouvernement affirme avoir atteint un excédent d’un milliard de dollars en 2025, sans qu’un seul dollar ne soit investi dans des projets constructifs ? L’État n’est pas une entreprise privée visant le profit. Sa mission est de traiter la cause de l’effondrement du secteur public et d’assurer des services tout en stimulant l’économie».
De son côté, le député Nehmat Frem a affirmé que l’État libanais a prouvé qu’il est un «mauvais gestionnaire» et qu’il faut un effort colossal pour ramener les capitaux au Liban. Il a souligné que «la question des retraités des secteurs public et privé ne sera résolue que si le Parlement intervient».
Se penchant sur le dossier des élections législatives prévues normalement pour le mois de mai, il a signalé qu’«il est temps de créer une nouvelle loi».
Pour sa part, le chef des Kataëb, Samy Gemayel, a estimé nécessaire de «prendre du recul pour réévaluer la situation et redéfinir les objectifs à partir de 2026». Selon lui, «l’État ne peut dépenser sans revenus suffisants», citant les besoins en matière de droits sociaux, de sécurité sociale, de développement des écoles publiques et de l’Université libanaise. Il a également souligné l’urgence de restaurer les infrastructures (routes, électricité, transports) et a appelé à considérer le budget comme un outil de multiplication des recettes.
Parallèlement à la séance parlementaire, le centre-ville de Beyrouth reste partiellement bloqué par la poursuite de la fermeture de la rue des banques. Mardi, des milliers de manifestants se sont rassemblés devant le Parlement libanais pour protester contre le projet de budget 2026, actuellement examiné par les députés. Parmi eux, des militaires à la retraite, des fonctionnaires, des enseignants du secteur public et des locataires dénoncent des salaires et des pensions largement insuffisants face à l’inflation qui ne cesse d’éroder le pouvoir d’achat depuis la crise économique de 2019.



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