Yémen: le PAM se sépare de tous ses employés dans les régions tenues par les Houthis (responsable de l'ONU)
Des militants yéménites se rassemblent pour mobiliser des combattants dans le district de Harf Sufyan, au nord de la capitale Sanaa. ©Mohammed Huwais / AFP

Le Programme alimentaire mondial (PAM) va se séparer de tous ses employés dans les régions tenues par les rebelles houthis pro-iraniens au Yémen, a affirmé jeudi à l'AFP un responsable de l'ONU, mettant de facto un terme à ses opérations dans une zone où la population souffre de la faim.

L'agence onusienne a suspendu ses activités dans cette partie du pays fin août, après une série d'arrestations de ses salariés par les Houthis, a indiqué ce responsable sous couvert d'anonymat.

«Ces circonstances, combinées à un contexte de financement difficile, ont conduit le PAM à se séparer de 365 membres du personnel, à compter du 31 mars 2026», a-t-il dit, en précisant que cela représente toutes ses équipes locales sur place.

Le personnel international a déjà été évacué du pays.

Dix ans de guerre civile ont plongé le Yémen dans l'une des pires crises humanitaires mondiales, malgré une accalmie du conflit depuis 2022.

Plus de la moitié de sa population, environ 19,5 millions de personnes, avait besoin d'une aide humanitaire en 2025, selon l'ONU.

La majorité des Yéménites vivent sous le contrôle des rebelles houthis, qui se sont emparés de la capitale Sanaa en 2014, puis de larges pans du territoire.

En novembre, le PAM et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ont classé le Yémen parmi les 16 zones critiques «où les populations sont confrontées à un risque imminent de famine catastrophique».

Les Houthis s'en prennent depuis des années aux employés de l'ONU et aux humanitaires, qu'ils accusent d'espionnage.

Les arrestations se sont multipliées après l'assassinat de leur Premier ministre, Ahmed Ghaleb al-Rahwi, et de plusieurs ministres dans une frappe israélienne sur Sanaa fin août.

Selon le responsable onusien, 69 employés de l'ONU sont actuellement détenus, dont 38 salariés du PAM.

«Les activités de notre centre ont été arrêtées le 25 août en raison de cette campagne d'arrestations arbitraires», a-t-il ajouté.

Le secteur de l'aide internationale fait par ailleurs face à une baisse de ses financements, les principaux donateurs, menés par les États-Unis, ayant drastiquement réduit leurs contributions.

AFP

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