Le Washington Post, propriété du multimilliardaire Jeff Bezos, a commencé à procéder mercredi à un vaste plan de licenciements, a appris l'AFP de sources concordantes, alors que le prestigieux journal américain est en difficulté depuis plusieurs années.
Une grande partie des correspondants à l’étranger vont voir leur poste disparaître, a déclaré l'un d'eux à l'AFP, tandis que le service des sports et les pages locales sont également particulièrement touchés, selon plusieurs médias.
Le nombre total de suppressions de postes n'est pas connu dans l'immédiat.
«On ne peut pas vider une rédaction de sa substance sans conséquences sur sa crédibilité, son influence et son avenir», a dénoncé le Post Guild, le syndicat du journal, dans un communiqué.
«Au cours des trois dernières années seulement, les effectifs du Post ont (déjà) diminué d'environ 400 personnes», a-t-il ajouté, disant «s'opposer vigoureusement à toute nouvelle réduction d’effectifs».
«Toute l'équipe» qui couvre le Moyen-Orient, ainsi que «la plupart» des correspondants à l'étranger, vont perdre leur emploi, a dit à l'AFP l'une des personnes touchées.
De nombreux reporters, notamment à l'étranger, avaient écrit ces derniers jours à Jeff Bezos, qui s'est récemment rapproché du président Donald Trump, pour lui demander de s'y opposer, visiblement sans succès.
Réforme en 2024
Le quotidien, qui a à son actif la révélation du scandale du Watergate et de multiples prix Pulitzer, est en crise depuis plusieurs années.
Durant le premier mandat de Donald Trump, le journal s'était plutôt bien porté grâce à sa couverture des événements jugée sans concession. Mais quand le milliardaire républicain avait quitté la Maison Blanche, l'intérêt des lecteurs s'était émoussé et les résultats ont commencé à dégringoler. Le journal perd de l'argent depuis plusieurs années, selon la presse.
À l'automne 2024, le Washington Post n'avait pas publié d'éditorial pour soutenir Kamala Harris dans l'élection présidentielle face à Donald Trump, alors qu'il avait soutenu les candidats démocrates aux présidentielles de 2008, 2012, 2016 et 2020.
Beaucoup y ont vu la main de Jeff Bezos, qui, trois mois plus tard, s'est affiché au premier rang de la cérémonie d'intronisation de Donald Trump. Ses entreprises ont d'importants contrats avec l'État fédéral, du stockage de données à l'espace.
Selon la presse, ce non-soutien avait provoqué une hémorragie d'abonnés, déçus par ce nouveau positionnement.
Une vaste réorganisation de la rédaction lancée en 2024 avec l'arrivée d'une nouvelle direction avait secoué en interne, et de nombreux journalistes étaient partis travailler pour la concurrence.
AFP
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