Dépenses cachées et expansion militaire: l’avertissement allemand sur Moscou
L’Aigle fédéral est visible sur la façade du siège du Service fédéral de renseignement (BND – Bundesnachrichtendienst) lors de la passation de fonctions, à Berlin, Allemagne, le 11 septembre 2025. ©Liesa Johannssen / POOL / AFP

La Russie sous-estime volontairement ses dépenses militaires utilisées pour sa guerre en Ukraine et son «expansion» sur le flanc oriental de l'OTAN, selon une analyse du renseignement extérieur allemand (BND) publiée mercredi.

S'appuyant sur des données budgétaires, le BND avance que le budget militaire russe a été, ces dernières années, jusqu'à 66% plus élevé que ce qui est présenté officiellement par le Kremlin.

«Dans ces chiffres se matérialise concrètement la menace croissante que la Russie fait peser sur l'Europe», constate-t-il dans un communiqué.

La définition russe de «dépenses militaires» s'écarte fortement de celle de l'OTAN, selon les services de renseignement.

Elle exclut par exemple des plans de construction du ministère de la Défense, des projets informatiques de l'armée ou des prestations sociales pour les familles des soldats.

En les incluant, le budget de 2024 s'alourdit ainsi de 140 à 202 milliards d'euros, et de 118 à 163 milliards sur les neuf premiers mois de 2025, estime le BND.

Cette tendance existait aussi avant la guerre en Ukraine: entre 2018 et 2022, ces dépenses cachées étaient presque aussi importantes que celles officiellement inscrites dans le budget.

Toutes dépenses confondues, la politique militaire aurait ainsi représenté en 2025 environ la moitié du budget de Moscou et près de 10% de la production économique du pays, avance le BND.

Ces moyens ne sont pas seulement alloués à la guerre contre l'Ukraine, mais aussi au «renforcement et à l'expansion supplémentaires des capacités militaires», notamment sur le flanc oriental de l'OTAN.

D'après les services secrets allemands, Moscou serait prête à «entrer en conflit militaire direct avec l'OTAN», une menace qui pourrait se concrétiser avant 2029.

AFP

 

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