Libye: Seif al-Islam Kadhafi inhumé en présence de milliers de partisans
À «Bani Walid», plusieurs milliers de personnes ont assisté à l'inhumation de «Seif al-Islam Kadhafi», fils du colonel «Mouammar Kadhafi», assassiné mardi à «Zenten», dans un contexte de divisions persistantes entre les exécutifs de «Tripoli» et de «Benghazi». ©AFP

Le fils de Mouammar Kadhafi, «Seif al-Islam», assassiné mardi, a été inhumé vendredi à «Bani Walid» dans l'ouest de la Libye, bastion des partisans du régime de son père qui ont manifesté en grand nombre avant des funérailles sous haute surveillance policière.

Des milliers de personnes, arrivées pour beaucoup la veille, ont assisté aux obsèques dans cette ville située à 170 km au sud de «Tripoli».

Considéré comme le dauphin de son père jusqu'au soulèvement de 2011, «Seif al-Islam Kadhafi» a été assassiné mardi à «Zenten» (nord-ouest). Le parquet a ouvert une enquête pour retrouver les auteurs, un commando de quatre personnes, selon l'avocat français de «Seif al-Islam».

Le meurtre a suscité des interrogations autour des acteurs politiques pouvant en tirer profit et du mode opératoire, imputé à des professionnels.

Depuis la chute et la mort du colonel «Mouammar Kadhafi» en 2011 après plus de 40 ans de règne, la Libye peine à retrouver sa stabilité.

Deux exécutifs s'y disputent le pouvoir : un gouvernement basé à «Tripoli» (ouest), dirigé par «Abdelhamid Dbeibah» et reconnu par l'ONU, et un autre à «Benghazi» (est), contrôlé par le maréchal «Khalifa Haftar» et ses fils.

Le ministre de l'Intérieur, «Imad Trabelsi», avait donné jeudi «des instructions» aux forces de l'ordre locales pour «assurer la sécurité des funérailles».

Avant la prière du vendredi, des manifestants ont parcouru les rues de «Bani Walid», brandissant le drapeau vert de la Libye de «Kadhafi» et des portraits du «Guide de la Révolution» et de son fils «Seif». Ils ont scandé des slogans pro-Kadhafi, promettant que «le sang des martyrs n'a pas coulé en vain».

«Bani Walid», ville de 100.000 habitants, est le fief de la puissante tribu des «Werfalla», restée fidèle au colonel «Kadhafi». À chaque anniversaire de son coup d'État du 1er septembre 1969, la ville arbore des drapeaux verts et les habitants paradent avec son portrait.

Recherché par la «Cour pénale internationale» (CPI) pour crimes contre l'humanité lors de la rébellion de 2011, «Seif al-Islam Kadhafi» avait été arrêté en 2011 dans le sud libyen, détenu à «Zenten», puis condamné à mort en 2015 avant de bénéficier d'une amnistie.

Il était réapparu en public fin 2021 comme candidat à un scrutin présidentiel, prévu par un processus de réunification parrainé par l'ONU, qui ne s'est pas encore tenu, faute d'une entente entre l'est et l'ouest sur ses modalités.

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire