Effondrement meurtrier à Tripoli : la ville déclarée sinistrée

Un nouvel effondrement d’immeuble a plongé la capitale du Nord dans le deuil et la panique.

L’effondrement s’est produit dans le quartier de Tabbané, où un immeuble composé de deux blocs de cinq étages, comprenant une douzaine d’appartements, s’est brutalement écroulé. Le bâtiment abritait des familles originaires de différentes régions, notamment de Minié et de Jabal Mohsen, ainsi que des travailleurs syriens. Parmi les victimes figurent une femme et un enfant de trois ans. Plusieurs survivants ont été extraits vivants des décombres par les équipes de secours.

Selon le secrétaire général de la Croix-Rouge libanaise, Georges Kettaneh, entre 12 et 15 personnes seraient toujours portées disparues. Onze ambulances de la Croix-Rouge ont été mobilisées sur place, tandis que les recherches se poursuivaient à l’aide d’équipes spécialisées et de brigades cynotechniques.

Par mesure de sécurité, les immeubles adjacents ont été évacués après l’apparition de fissures provoquées par l’effondrement. Des incendies se sont déclarés à proximité en raison de l’explosion de bonbonnes de gaz, accentuant un climat de chaos et de panique dans la ville, avec des tirs en l’air signalés aux abords du site.

Face à l’ampleur de la catastrophe, le président du conseil municipal a lancé un cri d’alarme :

« Six morts, sept blessés et plusieurs disparus. Nous déclarons la ville de Tripoli sinistrée en raison de l’état critique des bâtiments menaçant de s’effondrer. Des milliers d’immeubles sont aujourd’hui en danger à cause de la négligence. »

Il a annoncé avoir mis la démission du conseil municipal à la disposition du ministre de l’Intérieur, appelant l’État à lancer un plan d’urgence immédiat.

Sur le plan officiel, le président de la République, Joseph Aoun, a suivi l’évolution de la situation et ordonné la mobilisation de l’ensemble des services de secours, ainsi que la prise en charge et l’hébergement des habitants de l’immeuble sinistré et des bâtiments évacués.

Le Premier ministre, Nawaf Salam, a présenté ses condoléances aux familles des victimes et souhaité un prompt rétablissement aux blessés. Il a ordonné la mobilisation immédiate de la Défense civile, des équipes de secours et du ministère de la Santé, et a chargé le secrétaire général du Haut comité de secours, Bassam Naboulsi, ainsi que le responsable de l’Unité de gestion des catastrophes à la présidence du Conseil, de se rendre sur place pour coordonner les opérations. Des fonds ont été débloqués afin de sécuriser les bâtiments dangereux, avec un appel clair à ne pas politiser la catastrophe et à tenir les responsables de la négligence pour comptables.

Le ministère de l’Intérieur a confirmé que la Défense civile et les forces de sécurité ont été mobilisées sur instruction du ministre Ahmad Hajjar, tandis que le ministre de la Santé a assuré que tous les blessés seraient pris en charge aux frais de l’État.

De son côté, le président du Parlement, Nabih Berri, a appelé l’ensemble des autorités et ministères concernés à traiter la restauration et le renforcement des bâtiments menaçant de s’effondrer à Tripoli comme une priorité nationale, soulignant qu’« il n’est plus acceptable de tarder, que ce soit pour sécuriser, restaurer ou pour héberger et indemniser rapidement les familles touchées ».

Ce drame survient deux semaines seulement après un précédent effondrement survenu le 24 janvier dans le quartier de Qobbé, qui avait coûté la vie à deux personnes, ravivant les inquiétudes sur l’état catastrophique du parc immobilier de Tripoli et l’inaction prolongée des autorités face à un danger désormais mortel.

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