Le retour olympique de Lindsey Vonn tourne au drame avec une chute après 13 secondes
Cette capture d'écran vidéo fournie par le CIO/OBS montre l'Américaine Lindsey Vonn chutant lors de l'épreuve féminine de descente aux Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina 2026 à Cortina d'Ampezzo, le 8 février 2026. ©Handout / Plusieurs sources / AFP

«Je n'ai jamais cessé de croire en moi», répétait Lindsey Vonn. Dimanche, elle a toutefois été contrainte à l'abandon après une terrible chute lors de la descente des JO-2026, 24 ans après ses premiers Jeux et sept ans après avoir arrêté sa carrière, le corps brisé par les blessures.

Dossard 13 sur le dos, l'Américaine âgée de 41 ans, sur qui tous les regards étaient braqués, a chuté lourdement après 13 secondes seulement. Un nouveau chapitre, malheureux, vertigineux, à sa démesure.

Le précédent racontait un retour potentiellement grandiose, après six années de retraite, sur la foi d'un genou droit longtemps meurtri mais redevenu pleinement fonctionnel grâce à la pose d'une prothèse en titane.

«Je ressentais un vide, je n'avais plus envie de sortir du lit, plus d'objectif, raconte Lindsey Vonn au Time Magazine en 2024 pour justifier son retour à la compétition. J'aime bien le business, j'y trouve un certain défi, mais ça n'a rien à voir avec une pente dévalée à plus de 140 km/h.»

Si Vonn est une femme d'affaires avisée - elle travaille avec une douzaine de grandes marques et gagne huit millions de dollars (6,7 millions d'euros) annuellement d'après Forbes -, elle a tout au long de sa carrière payé au prix fort les prises de risque qui ont fait sa renommée, avec plusieurs déchirures de ligaments, de multiples fractures, neuf opérations des genoux...

Après sa retraite en février 2019, l'activité physique se transforme en calvaire. Mais, tout change donc avec la pose de cette prothèse en titane au printemps 2024, la reprise du ski sans douleur et l'annonce fracassante de son retour, en novembre 2024, à 40 ans.

Après quelques accessits, sa 2ᵉ place lors du super-G des finales à Sun Valley en mars 2025 lui arrache des larmes: «ma place est sur le podium».

La saison suivante lui donne raison avec un succès en descente à St. Moritz (Suisse) dès sa première course, puis un autre à Zauchensee (Autriche), ses 83ᵉ et 84ᵉ sur le circuit.

Se mesurer aux hommes

La championne, qui avait longtemps espéré se mesurer aux hommes, entend redéfinir la perception des sportives les plus âgées. «Beaucoup de gens pensent que nous avons de nouvelles aspirations, que ce serait l'ordre naturel des choses. Ce n'est pas le cas. Le regard des gens change, j'espère y contribuer», dit au New York Times celle qui a congelé ses ovocytes et espère fonder une famille plus tard.

Son itinéraire doré a débuté dans la douleur à sa naissance le 18 octobre 1984 à St. Paul (Minnesota): sa mère, Linda Krohn, est victime d'un accident vasculaire cérébral à l'accouchement, entraînant une paralysie partielle de sa jambe gauche.

Son père initie la jeune Lindsey au ski à Buck Hill, où elle rencontre son mentor autrichien Erich Sailer. Mais la colline du Minnesota aux 40 mètres de dénivelé devient rapidement trop petite pour un tel talent. Le couple d'avocats et leurs cinq enfants déménagent à Vail, dans le Colorado, à ses dix ans.

Sa rencontre avec la future championne olympique de super-G 1998, Picabo Street, est capitale. Cette dernière décrit une fillette «au regard puissant», «je savais qu'elle avait un feu intérieur», relate-t-elle à l'AFP.

Son amie et coéquipière Sarah Schleper se souvient avec joie d'une «tête brûlée», qui «joue avec les limites», se mettant par exemple au défi de descendre un col sans toucher aux freins de sa voiture.

«Réussi l'impossible»

Si les grands espaces du Colorado nourrissent sa passion naissante pour la vitesse, elle débute en Coupe du monde lors d'un slalom en novembre 2000, avant son premier succès en descente fin 2004 à Lake Louise (Canada).

À partir de 2008, les triomphes s'enchaînent au classement général de la Coupe du monde (4), aux Mondiaux de Val d'Isère en 2009 (or en descente et en super-G) et aux JO de Vancouver en 2010 (titre en descente, bronze en super-G).

Sa situation familiale est tendue: pendant plusieurs années, elle ne parle plus à son père qui désapprouve sa relation puis son mariage (en 2007, divorce en 2013) avec Thomas Vonn, ex-skieur de neuf ans son aîné. Les deux hommes, très interventionnistes, exaspèrent par ailleurs la fédération américaine et ses coachs.

Au-delà des trophées qui s'accumulent, la «Speed Queen» accède à la célébrité avec les Unes de magazines glamours et sa relation avec la légende des greens Tiger Woods. Très à l'aise devant les caméras, elle est célébrée dans l'arc alpin grâce à sa maîtrise de l'allemand.

Les multiples blessures ruinent sa quête des 86 victoires pour égaler Ingemar Stenmark, un record depuis propulsé dans une autre dimension par sa compatriote Mikaela Shiffrin (108). De quoi rendre ses récents succès d'autant plus spectaculaires.

«J'ai déjà réussi l'impossible», estime la championne.

Stop ou encore?

Robin Gremmel / AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire