Le prince William en Arabie saoudite pour renforcer les liens commerciaux et de défense
Le roi Charles III, alors prince de Galles (à droite), et le prince William (à gauche) rencontrent le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane (au centre) lors d'un dîner à Clarence House, dans le centre de Londres, le 7 mars 2018. ©Yui Mok / Pool / AFP

Le prince William entame lundi une visite officielle de trois jours en Arabie saoudite par un entretien avec le prince héritier Mohammed ben Salmane, au moment où Londres tente de renforcer ses relations commerciales, énergétiques et de défense avec la monarchie du Golfe.

Cette visite intervient alors que la famille royale britannique est confrontée à de nouvelles révélations embarrassantes sur les liens entre le frère du roi Charles III, Andrew, et le criminel sexuel Jeffrey Epstein.

L'héritier de la couronne britannique, de plus en plus présent sur la scène internationale, arrive lundi soir à Ryad, pour un déplacement qui doit célébrer «les liens commerciaux, énergétiques et d'investissement» entre les deux pays, selon un communiqué du palais de Kensington.

Dès son arrivée, il se rendra sur le site classé d'At-Turaif, pour une visite privée accompagné de Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto du Royaume, avant un entretien entre les deux princes héritiers.

Le fils du roi Charles III doit visiter mardi un programme de rénovation urbaine durable à Ryad, et échanger avec des universitaires sur la transition énergétique dans le pays. Il rencontrera également de jeunes femmes élèves d'un centre d'entraînement de football, avant d'assister à un tournoi de e-sport.

Enfin, il visitera mercredi une réserve naturelle et une ferme durable dans l'oasis d'Alula, situé dans le nord-ouest du pays, selon le programme dévoilé par Kensington.

Les familles royales saoudiennes et britanniques partagent de longue date des relations chaleureuses. La défunte reine Elizabeth II avait reçu en visite d'État à quatre reprises des membres de la famille royale saoudienne.

Long terme

Pour Simon Mabon, professeur de relations internationales à l'université de Lancaster, la visite de William est pour Londres une tentative de «capitaliser sur cette fraternité royale».

Et le fait que le gouvernement britannique envoie «le futur roi», souligne qu'il «voit (cette relation) comme une priorité stratégique de long terme», ajoute-t-il à l'AFP.

Cette visite intervient dans une période d'intensification des relations diplomatiques entre Londres et Ryad, après les frictions nées de l'assassinat en 2018 du journaliste dissident Jamal Khashoggi au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul. Les services secrets américains ont pointé la responsabilité directe de Mohammed ben Salmane et en 2020, Londres avait sanctionné 20 Saoudiens soupçonnés d'avoir été impliqués.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer s'est déjà rendu en décembre 2024 dans la monarchie saoudienne, suivi de son ministre des Affaires étrangères de l'époque David Lammy en janvier 2025, puis de la ministre des Finances Rachel Reeves en octobre 2025.

Londres négocie actuellement un accord commercial avec le Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe les six États de la région, dont l'Arabie saoudite.

Et la monarchie pétrolière a évoqué son intérêt pour rejoindre le programme du futur avion de combat (GCAP) développé par le Royaume-Uni, l'Italie et le Japon, et amené à remplacer vers 2035 les Eurofighter italiens et britanniques.

Le commentateur royal Richard Fitzwilliams met en avant les talents diplomatiques du prince William, 43 ans, qu'il a pu notamment démontrer lors de sa rencontre, largement saluée, avec le président américain Donald Trump à Paris en 2024.

«Il est très à l'aise sur la scène diplomatique, ce qui est primordial» souligne-t-il auprès de l'AFP.

Et selon lui, la famille royale doit aussi espérer que cette visite détourne l'attention des déboires de l'ex-prince Andrew, déchu de son titre par le roi Charles III après de nouvelles révélations sur ses liens avec le financier américain Jeffrey Epstein.

Andrew, qui nie tout acte illégal, a quitté cette semaine sa luxueuse résidence située sur le domaine royal de Windsor, à l'ouest de Londres, pour déménager, sur ordre du roi, dans le domaine privé du souverain à Sandringham dans le Norfolk.

Mais, souligne l'expert royal, le risque existe «que par un malheureux hasard, une image susceptible d'intéresser les médias soit publiée» en lien avec Andrew pendant la visite.

AFP

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