Le vice-président américain JD Vance est attendu lundi en Arménie avant une visite mardi en Azerbaïdjan, Washington cherchant à consolider l'accord de paix signé sous son égide entre les deux pays du Caucase du Sud et à faire avancer son projet de corridor de transit.
Il s'agit de la première visite d'un tel haut responsable américain en Arménie, pays traditionnellement proche de la Russie, alors que l'influence de Moscou dans la région s'est affaiblie depuis le début du conflit en Ukraine en février 2022.
Le vice-président américain doit rencontrer lundi à Erevan le Premier ministre arménien, a indiqué le bureau de Nikol Pachinian, sans plus de précisions.
JD Vance est attendu le lendemain à Bakou, la capitale de l'Azerbaïdjan.
L'Arménie et l'Azerbaïdjan ont signé en août un accord à Washington sous l'égide de Donald Trump pour mettre fin au conflit territorial qui les oppose depuis des décennies.
Ce conflit concernait notamment le Karabakh, une enclave montagneuse qui a été au centre de deux guerres, l'une à la chute de l'URSS et l'autre en 2020. L'Azerbaïdjan l'a finalement repris aux séparatistes arméniens à l'issue d'une offensive éclair en 2023.
Le département d'État américain a précédemment indiqué que cette visite permettrait de «faire avancer les efforts de paix du président Donald Trump et de promouvoir la voie Trump pour la paix et la prospérité internationales (TRIPP)», en référence à un projet de corridor de transit.
L'accord prévoit notamment la création d'une zone de transit passant par l'Arménie et reliant l'Azerbaïdjan à son enclave du Nakhitchevan plus à l'ouest, qui intégrerait la région dans une route commerciale est-ouest connectant l'Asie centrale et le bassin de la mer Caspienne à l'Europe.
Influences en mouvement
Le projet est promu par Washington comme une mesure visant à entretenir des relations de confiance après des décennies de conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.
Ce corridor répond à une revendication de longue date de Bakou, qui réclame l'ouverture des voies de communication régionales comme condition à la signature d'un accord de paix complet avec Erevan.
Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, et le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoïan, avaient annoncé en janvier la mise en place d'un cadre de mise en oeuvre pour le projet TRIPP.
Ce cadre met en avant la souveraineté, l'intégrité territoriale et la réciprocité, tout en promettant des gains économiques pour l'Arménie et l'Azerbaïdjan via une expansion du commerce et du transit.
Les autorités américaines ont aussi affirmé que le corridor renforcerait les connexions régionales ainsi que les intérêts américains en ouvrant de nouvelles voies d'approvisionnement qui contournent la Russie et l'Iran.
Les détails de la visite du vice-président américain ne sont pas connus, mais celle-ci a lieu alors que Washington cherche à renforcer sa présence diplomatique et économique dans le Caucase du Sud.
L'influence de la Russie dans son pré carré postsoviétique s'est affaiblie depuis l'offensive à grande échelle de l'Ukraine le 24 février 2022, qui a provoqué le malaise chez de nombreux partenaires de longue date.
L'Arménie a suspendu sa participation à un pacte de sécurité régional et reproche à la Russie de ne pas lui être venue en aide face à Bakou.
La Géorgie, autrefois alliée clé de Washington dans la région, ne fait pas partie du programme de visite de M. Vance. Les relations bilatérales se sont détériorées alors que Washington a dénoncé une dérive autoritaire de Tbilissi et son rapprochement avec Moscou, poussant les États-Unis à suspendre leur partenariat stratégique.
Mariam Harutyunyan / AFP



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