La Syrie rejoint la coalition anti-EI, l’Irak accueille des milliers de détenus
Un véhicule blindé de combat américain résistant aux mines et aux embuscades (MRAP) circule sur une route au sein d’un convoi transportant des détenus du groupe État islamique, transférés de Syrie vers l’Irak, en périphérie de Qahtaniyah dans la province de Hassaké, dans le nord-est de la Syrie, le 7 février 2026. ©DELIL SOULEIMAN / AFP

La Syrie a officiellement rejoint la Coalition mondiale pour vaincre l’État islamique (EI) lors d’une réunion tenue à Riyad, lundi, avec des responsables diplomatiques et militaires. La rencontre, organisée par l’Arabie saoudite, a été ouverte par le vice-ministre saoudien des Affaires étrangères, Waleed A. Elkhereiji.

Il s’agissait de la première réunion de la coalition depuis l’accord conclu le 30 janvier entre le gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS), marquant un tournant stratégique dans la lutte contre l’EI.

Selon un communiqué officiel publié par le Département d’État des États-Unis, les participants ont salué l’accord, qui prévoit un cessez-le-feu permanent et l’intégration civile et militaire du nord-est de la Syrie. Le gouvernement syrien assumera désormais le lead national des opérations anti-EI, tandis que la coalition reconnaît les sacrifices des SDF. Les participants ont également remercié le gouvernement irakien pour son leadership continu dans la campagne de lutte contre l’État islamique.

«Les participants ont accueilli la Syrie comme 90ᵉ membre de la coalition anti-EI et ont réaffirmé leur volonté de collaborer étroitement avec le gouvernement syrien, tout en soutenant directement les efforts syriens et irakiens,»précise le communiqué conjoint des États-Unis et de l’Arabie saoudite, publié par le Département d’État.

Les priorités de la coalition restent la gestion et le transfert sécurisé des détenus de l’EI, la réintégration des familles issues des camps d’al-Hol et de Roj, ainsi que la coordination avec Damas et Bagdad pour l’avenir de la campagne anti-EI en Syrie et en Irak. 

Les responsables ont également salué les efforts de l’Irak pour sécuriser les détenus et ont accueilli la prise en charge par la Syrie des centres de détention et des camps pour les familles liées à l’EI. Le communiqué insiste sur la nécessité pour chaque pays de rapatrier ses ressortissants détenus en Irak et en Syrie.

La Syrie rejoint la coalition anti-EI alors que l’Irak reçoit déjà des milliers de détenus transférés depuis la Syrie, illustrant la coordination régionale pour sécuriser les jihadistes et stabiliser les territoires anciennement contrôlés par l’État islamique.

Irak: plus de 4.580 détenus de l'EI transférés depuis la Syrie

L'armée américaine a transféré en Irak plus de 4.580 membres présumés de l'organisation État islamique (EI) jusqu'ici détenus en Syrie, une opération lancée en janvier pour éviter tout risque d'évasion.

Au total, 4.583 d'entre eux sont arrivés en Irak sur un objectif de 7.000, a déclaré mardi à l'AFP Saad Maan, chef de la cellule d'information sécuritaire, rattachée au bureau du Premier ministre.

Ils se trouvent désormais dans des centres de détention «sécurisés», selon les autorités.

Cette décision de transfert a été prise après le retrait, sous la pression de Damas, des forces kurdes de larges pans du nord de la Syrie, où elles contrôlaient des prisons de jihadistes.

Parmi les détenus, se trouvent des Syriens, des Irakiens et des Européens, ainsi que des détenus d'autres nationalités, selon plusieurs sources de sécurité irakiennes.

La justice irakienne a annoncé l'ouverture de procédures judiciaires à leur encontre.

Les tribunaux du pays ont par le passé condamné à la peine de mort et à la prison à vie des centaines de membres de l'EI, incluant de nombreux combattants étrangers, dont certains avaient déjà été transférés de Syrie.

Cela a valu à Bagdad des critiques des défenseurs des droits humains, qui ont dénoncé des procès expéditifs, des aveux obtenus sous la torture ou une représentation juridique inefficace.

Bagdad et Washington ont exhorté les pays d'origine de ces détenus à les rapatrier, se heurtant aux réticences de dizaines de gouvernements, notamment occidentaux.

En 2014, l'EI s'était emparé de vastes territoires en Syrie et en Irak, commettant des massacres et réduisant des femmes et des filles en esclavage sexuel.

Appuyé par la coalition menée par les États-Unis, l'Irak a proclamé la défaite du groupe en 2017.

En Syrie, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, ont défait l'EI deux ans plus tard. Elles ont emprisonné des milliers de membres présumés du groupe, et placé des dizaines de milliers de leurs proches dans des camps.

 

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