Trump reçoit Netanyahou, qui réclame une pression maximale sur l'Iran
Le président américain Donald Trump accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à son arrivée dans l’aile ouest de la Maison Blanche, à Washington, le 29 septembre 2025. ©Saul Loeb / AFP

Donald Trump reçoit mercredi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui veut convaincre son allié d'exercer une pression maximale sur l'Iran pour mettre fin à ses programmes nucléaire et balistique.

Avant cette septième rencontre depuis son retour au pouvoir il y a un an, le président américain a envoyé des signaux contradictoires, entre espoirs d'accord et menaces militaires contre Téhéran.

Le dirigeant israélien est arrivé discrètement à la Maison Blanche peu avant 11h00 locales (16h00 GMT). Les deux hommes doivent se voir dans le Bureau ovale et il n'est pas prévu jusqu'ici que la presse soit conviée.

Benjamin Netanyahu a déjà rencontré mercredi le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio pour officialiser la participation d'Israël au «Conseil de paix» de Donald Trump.

Enjeux pour Netanyahu

«Il faut inclure dans toute négociation (entre l'Iran et les Etats-Unis) la limitation des missiles balistiques et le gel du soutien à l'axe iranien», c'est-à-dire aux groupes armés liés à Téhéran dans la région, a réclamé Benjamin Netanyahu avant sa venue.

La question des missiles est une ligne rouge pour Israël, distant d'environ 2.000 kilomètres de l'Iran.

Benjamin Netanyahou assure que l'action militaire est le seul moyen de résoudre une fois pour toute la question nucléaire iranienne. Les États-Unis avaient bombardé des sites nucléaires iraniens lors d'une guerre de 12 jours déclenchée par Israël en juin.

À Washington, il a rencontré mardi soir l'émissaire du président américain, Steve Witkoff, et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner. Ils «ont fait le point sur le premier cycle de négociations qu'ils ont tenu avec l'Iran vendredi dernier», selon un communiqué du Premier ministre israélien.

Où en est Trump?

«Je préférerais faire un accord», a dit le président américain mardi sur Fox Business. Il a ajouté que les Iraniens seraient «idiots» de refuser.

Donald Trump a aussi déclaré au site Axios qu'il «réfléchissait» à renforcer avec un second porte-avions l'armada déployée par les États-Unis dans la région.

«Trump doit pouvoir montrer que l'accord, si accord il y a, est nettement meilleur que celui dont il est sorti», conclu à Vienne en 2015 et dénoncé par le républicain en 2018 lors de son premier mandat, estime Guy Ziv, professeur en politique étrangère à l'American University.

«Une manière d'assurer cela est bien sûr d'inclure les missiles» mais il est «hautement improbable que les Iraniens l'acceptent», rappelle-t-il à l'AFP.

Les pourparlers

Après de premiers pourparlers le 6 février à Oman, Washington et Téhéran ont dit vouloir poursuivre le dialogue, même si leurs positions sont très éloignées.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a assuré mercredi que l'Iran était prêt à «toute vérification» du caractère pacifique de son programme nucléaire mais «ne céderait pas aux demandes excessives».

Outre l'aspect nucléaire, les États-Unis veulent limiter les capacités balistiques iraniennes et mettre fin au soutien à des groupes armés hostiles à Israël, comme les rebelles Houthis du Yémen, le mouvement islamiste libanais Hezbollah ou le Hamas palestinien.

«Board of peace»

Pendant sa rencontre avec Marco Rubio à Blair House, où dorment les dignitaires étrangers invités par la Maison Blanche, Benjamin Netanyahu a ratifié la participation d'Israël au «Conseil de paix» de Donald Trump, selon ses services.

Le Premier ministre n'a donc pas attendu la cérémonie officielle d'inauguration de ce nouveau format multilatéral, le 19 février.

Selon les analystes, le dirigeant israélien a anticipé sa venue pour tenter de convaincre Donald Trump d'adopter une ligne dure contre l'Iran, avant que le président américain ne rencontre la semaine prochaine des dirigeants arabes participant à son «Board of Peace».

Ces derniers pourraient au contraire plaider pour plus de retenue.

L'organe dirigé par le président américain a été imaginé pour mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza, mais sa charte lui assigne un objectif plus large, concurrent de celui de l'ONU, à savoir la résolution des conflits armés dans le monde.

AFP

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