Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a livré samedi un message d’apaisement aux Européens tout en cherchant à les rallier aux nouvelles ambitions américaines sous la présidence de Donald Trump.
«Nous savons que le destin de l'Europe ne sera jamais sans rapport avec le nôtre», a-t-il déclaré devant la Conférence de Munich sur la sécurité (MSC), ajoutant que les États-Unis resteraient «toujours un enfant de l'Europe». L’intervention de M. Rubio, très attendue, contrastait fortement avec le discours incendiaire du vice-président JD Vance l’an dernier devant la même assemblée.
Le chef de la diplomatie américaine a réaffirmé que les États-Unis étaient prêts à mener la «restauration» de l’ordre mondial, guidés par «la vision d’un avenir aussi fier, souverain et vital que le passé de notre civilisation». Il a insisté sur l’importance de l’alliance transatlantique, soulignant que, même prêts à agir seuls si nécessaire, les États-Unis espèrent «agir avec vous, nos amis ici en Europe».
«Nous voulons que l'Europe soit forte, nous croyons que l'Europe peut survivre», a-t-il ajouté, précisant que des alliés faibles affaiblissent la puissance collective et qu’il est crucial que chaque partenaire soit capable de se défendre. M. Rubio a également repris des thèmes chers à Donald Trump, tels que l’immigration de masse et la désindustrialisation, qu’il estime menaçants pour l’Europe comme pour les États-Unis.
Damas et les FDS
Parallèlement à son intervention, M. Rubio a rencontré le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, et le commandant des Forces démocratiques syriennes Mazloum Abdi, en marge de la MSC.
Selon un communiqué du département d’État américain, il a salué l’engagement de Damas à coopérer pleinement avec Washington et la coalition internationale et a insisté sur la mise en œuvre du cessez-le-feu dans le nord-est de la Syrie ainsi que de l’accord de fusion conclu avec les FDS.
Le commandant des FDS a, à son tour, remercié la France pour sa position ferme en faveur de la stabilité et de la lutte contre le terrorisme. Il a également souligné avoir perçu chez le président français, Emmanuel Macron, un engagement réel pour faire respecter le cessez-le-feu et faire progresser le processus de désescalade dans la région.
Ainsi, entre messages d’apaisement envers l’Europe et coordination avec la Syrie et les forces kurdes, la Conférence de Munich illustre la double stratégie des États-Unis : rassurer leurs alliés et consolider la stabilité dans des zones sensibles du Moyen-Orient.
AFP



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