Les Nations unies, ainsi que d'autres acteurs comme l'Union africaine (UA) et la Ligue arabe, sont «pleinement engagés» pour «exercer une pression efficace en faveur d'un cessez-le-feu immédiat» au Soudan, pays ravagé par une sanglante guerre depuis près de trois ans, a déclaré samedi le chef de l'ONU.
Depuis avril 2023, une guerre meurtrière oppose l'armée soudanaise aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Les deux camps sont accusés d'atrocités.
La guerre au Soudan a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et déraciné environ 11 millions de personnes, provoquant ce que l'ONU qualifie de «pire crise humanitaire au monde».
«Nous nous sommes engagés très activement auprès de l'Union africaine, (...), la Ligue arabe, le Quad (qui réunit les États-Unis, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Égypte) et d'autres acteurs clés, afin d'exercer une pression efficace en faveur d'un cessez-le-feu immédiat», a déclaré le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres durant une conférence de presse au sommet annuel de l'UA à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne.
«Nous devons avant tout chercher à créer les conditions permettant d'exercer une pression sur les deux parties au conflit et sur tous ceux qui soutiennent et arment ces deux parties, certains sur le continent africain et d'autres en dehors de celui-ci», a-t-il poursuivi, sans donner plus de détails.
Les Émirats arabes unis ont été accusés à de nombreuses reprises de fournir des armes, des hommes et du carburant aux paramilitaires. La monarchie du Golfe a toujours nié, malgré les preuves alignées par des rapports internationaux et enquêtes indépendantes.
Le chef de l'ONU, qui quittera ses fonctions à la fin de l'année, a également évoqué les tensions entre l’Éthiopie et l’Érythrée, les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui entretiennent depuis plusieurs mois des relations acrimonieuses, faisant craindre un nouveau conflit.
Les deux pays, qui ont connu une guerre meurtrière entre 1998 et 2000, s'accusent mutuellement de tentative de déstabilisation. L’Érythrée a obtenu son indépendance de l’Éthiopie en 1993 après des décennies de lutte armée.
«L’Éthiopie et l'Érythrée sont deux pays voisins qui ont connu un passé commun marqué par des conflits», a déclaré M. Guterres, avant d'espérer «sincèrement que ces deux pays parviendront à se réconcilier et qu'ils pourront ainsi contribuer à la paix et à la stabilité sur le continent».
AFP



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