Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre indien Narendra Modi se sont retrouvés mardi à Bombay, capitale économique de l'Inde, pour renforcer le partenariat bilatéral dans la défense, avec à la clef la vente de 114 chasseurs Rafale, et l'ancrer dans l'intelligence artificielle.
Les deux dirigeants se sont donné l'accolade à la résidence du gouverneur dans la baie de Bombay avant d'entamer un entretien bilatéral, suivi des déclarations à la presse.
«Bienvenue en Inde! L'Inde se félicite de votre visite et entend donner un nouvel élan à notre partenariat stratégique», avait tweeté auparavant Narendra Modi, en français, à l'attention de son «cher ami».
Le chef de l'État français, arrivé dans la nuit de lundi à mardi et qui effectue sa quatrième visite en Inde depuis 2017, a été accueilli par une gigantesque illumination sur le pont Bandra Worli, et une projection à l'effigie des deux dirigeants.
Des portraits géants du duo, agrémentés d'un «Warm welcome to Mumbai» (Bienvenue chaleureuse à Bombay) ont aussi été dressés tout le long des grandes artères de la ville.
Accompagné de son épouse Brigitte, Emmanuel Macron a d'abord rendu hommage à la mi-journée aux victimes des attentats jihadistes de Bombay en 2008, notamment à l'hôtel Taj Mahal où il a déposé une gerbe.
«Vers l'avenir»
Ces attaques, perpétrées devant les caméras du monde entier, avaient fait 166 morts, dont deux Français.
Le président français a ensuité déjeuné avec des grands noms du cinéma indien, dont Bombay est la capitale, pour évoquer des «coopérations possibles» dans ce domaine et «mettre en valeur l'attractivité de la France pour les tournages».
Parmi eux, les actrices Shabana Azmi, icône du cinéma bollywoodien avec plus de 160 films, Richa Chadda, l'héroïne de «Masaan» (2015), l'acteur Anil Kapoor, autre monument du grand écran indien, et les réalisateurs Neeraj Ghaywan et Kanu Behl.
Les échanges s'annoncent sous les meilleurs auspices après la confirmation par l'Inde de son intention d'acheter 114 avions de combat Rafale supplémentaires, une commande sans précédent pour le constructeur Dassault, qui s'ajouterait aux 62 déjà acquis.
Les deux dirigeants inaugureront ensemble, à distance, une chaîne de montage d'hélicoptères Airbus, les H125, située à un millier de kilomètres de là, près de Bangalore (sud), la capitale de la «tech» indienne.
Cette ligne, dont la construction avait été annoncée lors de la dernière visite du président français en Inde en janvier 2024, devrait être opérationnelle en avril et le premier vol du H125 «Made in India», cher au gouvernement indien, réalisé à la fin de l'année.
«Lula, Google et Anthropic»
Ils donneront aussi le coup d'envoi de l'année franco-indienne de l'innovation en présence d'un parterre de chefs d'entreprises et de chercheurs.
Le désordre mondial généré par les coups de boutoir permanents de Donald Trump, des droits de douane à la diplomatie, tout comme la montée en puissance de la Chine seront aussi au cœur des entretiens.
Narendra Modi n'a pas condamné l'invasion de l'Ukraine par la Russie, partenaire traditionnel de l'Inde - notamment pour les livraisons d'équipement militaire -, mais il s'est rendu à Kiev en septembre 2024 et il subit la pression de Donald Trump pour réduire les importations indiennes de pétrole russe.
La suite de la visite sera placée sous le signe de l'intelligence artificielle, avec un dîner inaugural mercredi soir à New Delhi du Sommet mondial consacré à l'IA, puis une séquence plénière en présence d'une quinzaine de chefs d'État et de gouvernement jeudi.
Ce rendez-vous, qui fait suite au sommet de Paris sur l'IA en février 2025, se penchera sur l'investissement dans le secteur, la «recherche scientifique en faveur de l'intérêt général» et «l'accès par tous aux outils technologiques», selon l'Élysée.
Emmanuel Macron doit rencontrer en marge du sommet son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, ainsi que les dirigeants de Google et de la start-up américaine Anthropic, rivale d'OpenAI, la société qui développe l'agent conversationnel d'IA ChatGPT.
AFP



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