Les combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ayant déposé les armes doivent être «réintégrés» à la société, a recommandé mercredi la commission parlementaire turque chargée de préparer un cadre légal au processus de paix avec le groupe armé qualifié de terroriste par Ankara.
La commission transpartisane, dont le rapport final doit être approuvé mercredi par ses 50 membres, écarte toutefois l'idée d'une amnistie générale.
Les recommandations formulées dans ce rapport seront ensuite incluses dans un projet de loi soumis au Parlement.
«La loi doit viser la réintégration dans la société des individus qui rejettent les armes et la violence», indiquent les auteurs du rapport, qui recommandent toutefois de juger ces derniers pour ne «pas créer une perception d'impunité et d'amnistie dans la société».
Les auteurs du rapport n'appellent pas également à la libération d'Abdullah Öcalan, chef historique du PKK incarcéré depuis 1999, qui a exhorté l'an passé les combattants kurdes à déposer les armes, ce qu'ont exigé fin novembre des responsables du groupe armé kurde retranchés dans le nord de l'Irak.
Le rapport de la commission, présenté après plus de six mois de travaux, recommande en outre de «renforcer la liberté d'expression» en Turquie pour éviter que certaines opinions ne valent à leurs auteurs d'être poursuivis pour «terrorisme».
«Régler durablement le problème du terrorisme exige des politiques multidimensionnelles (...) qui ne se limitent pas à la seule dimension sécuritaire», a déclaré lors de la présentation du rapport le président du Parlement turc Numan Kurtulmus, évoquant une «responsabilité historique».
La commission transpartisane, dont les travaux ont démarré début août, a pour mission de trouver des solutions pour une paix durable et un désarmement complet du PKK, dont le conflit avec l'État turc depuis 1984 a fait plus de 50.000 morts selon Ankara.
À la suite de discussions entamées en octobre 2024 par les autorités via le parti prokurde DEM, le PKK a annoncé sa dissolution en mai 2025, répondant à un appel lancé par Abdullah Öcalan.
Le PKK a annoncé fin octobre le retrait vers le nord de l'Irak de ses derniers combattants présents en Turquie, après que plusieurs dizaines de combattants en treillis ont symboliquement brûlé leurs armes en juillet au Kurdistan irakien.
La commission parlementaire transpartisane est composée de 50 députés, dont 22 issus du parti AKP (islamo-conservateur) du président Recep Tayyip Erdogan. Dans les rangs de l'opposition figurent notamment cinq élus du parti prokurde DEM.
AFP



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