Créé pour aider à la reconstruction de Gaza puis doté d’une mission plus large de résolution des conflits, le «Conseil de paix» de Donald Trump tient jeudi sa première réunion dans la capitale américaine, qui bruisse de rumeurs sur une opération militaire massive contre l’Iran.
Téhéran doit conclure un accord «pertinent» ou «de mauvaises choses» arriveront, a menacé le président américain, donnant à Téhéran un ultimatum de dix jours.
Milliards pour Gaza
47 pays dont seulement certains sont membres à proprement parler du «Conseil», et l’Union européenne, en «observatrice», doivent discuter de la reconstruction et la stabilisation de la bande de Gaza, mission première de cet organisme.
Donald Trump a déclaré que plusieurs pays, majoritairement du Golfe, avaient promis «plus de 7 milliards de dollars» pour reconstruire le territoire palestinien dévasté.
Il a aussi annoncé une contribution américaine de 10 milliards de dollars pour le «Conseil de paix», doté d’une mission plus large et très vague de résolution des conflits dans le monde.
La rencontre a lieu dans un «Institut pour la paix» qui porte depuis peu le nom de Donald Trump sur sa façade.
La réunion porte aussi sur l’envoi de milliers de militaires pour une force de stabilisation, et sur la constitution d’une force de police.
Le chef de l’administration provisoire de la bande de Gaza, le Palestinien Ali Shaath, est parmi les participants.
Trump et ses alliés
La rencontre a commencé par une photo de famille, tandis que résonnaient les tubes préférés de Donald Trump, allant d’Elvis Presley à James Brown.
«Tout le monde aime la musique?», a commenté M. Trump, en incitant ses invités à «sourire».
Sur l’estrade, le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, s’est tenu aux côtés du Premier ministre du Qatar, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani.
Le président américain, dans un discours largement improvisé, a rendu hommage à certains alliés comme le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, ou le président argentin, Javier Milei.
Donald Trump, président du «Conseil de paix», est seul habilité à «inviter» d’autres dirigeants et peut révoquer assez facilement leur participation.
Après plus de quatre mois de cessez-le-feu, les tirs et les frappes restent quotidiens dans la bande de Gaza, où Israël et le Hamas s’accusent mutuellement de violer la trêve.
«Surveiller» l’ONU ?
Au-delà de Gaza, le «Conseil de paix» a pour mission de «garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits».
De quoi, sur le papier, faire concurrence aux Nations unies.
L’ONU «a un grand potentiel» mais ne l’a «jamais réalisé», a déploré Donald Trump, qui affirme avoir réglé tout seul huit conflits depuis son retour au pouvoir.
Le «Conseil de paix» va «presque surveiller» l’ONU et «s’assurer qu’elle fonctionne correctement», a-t-il ajouté.
Les membres permanents du «Conseil de paix» doivent verser 1 milliard de dollars pour adhérer.
Qui participe ou pas au «Conseil de paix» ?
Des dirigeants idéologiquement alignés sur Donald Trump, mais aussi des pays concernés par l’avenir de Gaza ou désireux de s’attirer les bonnes grâces du président américain ont rejoint l’instance.
Les grands alliés traditionnels et les grands rivaux des États-Unis se sont eux abstenus dans leur majorité de rejoindre le «Conseil de paix» comme membres fondateurs.
Certains sont venus jeudi en «observateurs», comme l’Italie ou l’Allemagne. D’autres, comme la France, restent à l’écart.
La Chine, invitée, n’a signalé aucune intention de participer.
Par Aurélia END, AFP
Commentaires