Le gouvernement américain a annoncé jeudi une série de sanctions visant trois commandants des Forces de soutien rapide (FSR), accusés d'avoir dirigé les actions des paramilitaires soudanais ayant entraîné une série d'atrocités lors de la prise de la ville d'El-Fasher, dans le Darfour (ouest) fin octobre.
Les sanctions visent Elfateh Abdullah Idris Adam, un général des FSR, Gedo Hamdan Ahmed Mohamed et Tijani Ibrahim Moussa Mohamed, tous deux commandants d'unités au moment de la chute de la ville.
Selon le département américain du Trésor, qui a la charge des sanctions, M. Idris s'est filmé lui-même «en train de tuer des civils désarmés et se vantant d'en avoir tué des milliers», alors que les deux commandants ont participé directement et indirectement «au massacre de milliers de personnes», à des enlèvements, des actes de torture et de violence sexuelle.
Selon le communiqué du ministère, le général Idris «a été interpellé par les FSR pour ses atteintes aux droits humains mais il est vraisemblable qu'il s'agisse d'une mise en scène visant à prendre leurs distances vis-à-vis des atrocités commises à El-Fasher».
«Nous ne tolérerons pas cette campagne de terreur et de massacres insensés au Soudan», a déclaré le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, cité dans le communiqué.
Les sanctions impliquent le gel de l'ensemble des avoirs détenus directement ou indirectement aux États-Unis par les personnes visées, ainsi que l'interdiction pour toute personne ou entreprise américaine de faire affaire avec les trois commandants.
Ces sanctions interviennent après une décision similaire prise par le Royaume-Uni puis l'Union européenne en décembre et janvier, visant les mêmes responsables militaires des FSR.
Le Soudan est en proie depuis le 15 avril 2023 à une guerre sanglante entre l'armée du général Abdel Fattah al-Burhane, dirigeant de facto du pays depuis le coup d'État de 2021, et les paramilitaires des FSR, du général Mohamed Hamdane Daglo, son ancien adjoint.
Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé près de 12 millions de personnes. Il a connu une nouvelle accélération avec la prise fin octobre par les FSR d'El-Fasher, dernier bastion de l'armée dans le Darfour.
Depuis, des survivants décrivent massacres, violences à caractère ethnique, enlèvements, viols et agressions sexuelles.
AFP


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