Le Premier ministre indien Narendra Modi est attendu mercredi en visite en Israël pour renforcer la coopération bilatérale avec un partenaire commercial et militaire clé, et pour entretenir la position d'équilibre diplomatique de l'Inde dans un Moyen-Orient sous tension.
Ces dernières années, New Delhi a renforcé son partenariat avec Israël.
Le géant indien Adani gère le port israélien de Haïfa, ouvert sur la Méditerranée, et l'armée indienne est équipée de drones israéliens dont elle a largement fait usage lors de sa confrontation militaire avec le Pakistan en 2025.
Parallèlement, l'Inde maintient des relations solides avec les pays du Golfe et l'Iran, où elle pilote le projet de port de Chabahar sur la route commerciale de l'Afghanistan.
Elle a aussi signé l'an dernier un accord de libre-échange avec le sultanat d'Oman.
Voici un état de la relation bilatérale:
Commerce
En septembre 2023, New Delhi a dévoilé son grand projet de «corridor économique» reliant l'Inde, le Moyen-Orient et l'Europe, via le chemin de fer, les ports, des lignes électriques, des liaisons internet et des oléoducs.
Mais cette initiative a été mise entre parenthèses depuis l'attaque du mouvement islamiste palestinien du Hamas contre Israël le 7 octobre et l'offensive israélienne meurtrière qui a suivi à Gaza.
Cependant, le commerce bilatéral est resté actif.
En échange des technologies de pointe livrées par Israël, l'Inde lui a ouvert les portes d'un marché intérieur gigantesque de près de 1,5 milliard de consommateurs.
Le commerce bilatéral a atteint pendant l'année fiscale 2024-2025 un montant – hors armements – de 3,75 milliards de dollars, notamment dans la technologie agricole, la sécurité alimentaire, la gestion de l'eau, les diamants, les produits laitiers ou encore l'industrie.
Défense
Israël est un fournisseur d'armement majeur de l'armée indienne, depuis la guerre contre la Chine en 1962, suivie des conflits contre le Pakistan en 1971 et 1999.
Entre 2020 et 2024, les industriels israéliens de la défense ont fourni à l'Inde 13% de son matériel militaire, se classant en troisième position derrière la Russie et la France, selon l'Institut international pour la recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI).
Les deux pays ont lancé en Inde des coentreprises pour la fabrication de drones, de missiles, de radars, de navires de combat et d'armes légères.
Diplomatie
L'Inde et Israël entretiennent des relations diplomatiques en bonne et due forme depuis 1992. Ces liens se sont resserrés avec l'arrivée au pouvoir du Premier ministre ultranationaliste hindou Narendra Modi en 2014.
M. Modi a pour la première fois visité Israël en 2017 et son homologue Benjamin Netanyahou lui a rendu la pareille l'année suivante. Les deux hommes, solidement ancrés à droite, se considèrent comme des «amis».
Donald Trump a invité l'Inde à rejoindre son «Conseil de paix» pour la reconstruction de Gaza mais elle s'est contentée de participer à sa réunion inaugurale en tant que simple observatrice.
L'Inde a dans le même temps accueilli en janvier une réunion des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe.
Narendra Modi a exprimé à cette occasion «son soutien continu au peuple de Palestine» et s'est réjoui «des efforts de paix en cours, y compris le plan de paix à Gaza» orchestré par Donald Trump.
Racines
Les liens du peuple juif avec l'Inde sont millénaires.
Le port indien de Cochin, au bord de la mer d'Arabie, est une importante plateforme commerciale de l'ère gréco-romaine et accueille une communauté juive.
La synagogue de Cochin, la plus ancienne d'Inde, a été construite en 1568, mais la communauté juive locale s'est réduite aujourd'hui comme peau de chagrin.
Nombre d'entre eux ont émigré vers Israël après sa création en 1948. Ils sont actuellement plus de 100.000 à y vivre, selon les chiffres de New Delhi.
Dans le nord-est de l'Inde vivent par ailleurs des milliers de membres de la communauté de Bnei Menashe, descendants d'une des «tribus perdues» d'Israël.
Bhuvan Bagga / AFP



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