Le César du meilleur film a été attribué jeudi à «L’Attachement» de la réalisatrice Carine Tardieu, sur une femme qui noue un lien singulier avec les enfants de son voisin veuf.
«La trame repose sur tout ce qui nous relie les uns aux autres dans cette société qui érige des murs un peu partout», a déclaré la réalisatrice de 52 ans en recevant son prix des mains de l’actrice Camille Cottin, présidente de cette 51ᵉ édition.
C’est la sixième réalisatrice à décrocher cette récompense, après Justine Triet, Tonie Marshall ou encore Agnès Jaoui.
«Ce soir, c’est tous ensemble qu’on ramène la coupe à la maison», a lancé la cinéaste sur la scène de l’Olympia, alors que le film a également décroché les titres de «Meilleure adaptation» et de «Meilleure actrice dans un second rôle» pour Viamala Pons.
La réalisatrice, qui a raconté comment elle avait été «submergée par l’émotion dans une salle de cinéma» en découvrant le film «E.T., l’extra-terrestre» à l’âge de neuf ans, a salué «ce phare dans la nuit qui mérite à tout prix d’être préservé : le cinéma».
Mêlant rires et larmes, Carine Tardieu a bâti en cinq longs-métrages une filmographie douce-amère sur l’intime.
Sorti en 2007 et partiellement autobiographique, son premier film «La tête de maman» avait posé les bases de son cinéma en explorant la relation amour-haine d’une ado avec sa mère à la santé mentale fragile, campée par Karin Viard.
Dans «L’Attachement», elle confie à Valeria Bruni-Tedeschi le rôle d’une femme qui noue un lien singulier avec le jeune fils de son voisin de palier, interprété par Pio Marmaï.
Au fil de sa filmographie, où elle fait jouer de grands noms du cinéma français (Cécile de France, Agnès Jaoui, Melvil Poupaud, Denis Podalydès…), Carine Tardieu affirme s’être de plus en plus rapprochée de sa «part dramatique».
Cette passionnée de cinéma depuis l’enfance ne cache toutefois pas que le tournage peut encore être une épreuve pour elle.
«Pendant la période du tournage, j’ai l’impression d’être presque en souffrance permanente avec de temps en temps des moments de grâce qui permettent heureusement de respirer», disait-elle sur France Inter, tout en se réjouissant d’exercer ce métier qui la «faisait tellement rêver quand (elle) était môme».
AFP



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