Vigoureux rebond des Bourses, le pétrole reprend sa hausse
Une machine de forage pétrolier est photographiée sur un champ pétrolier à Al-Hol, dans la région désertique de la province de Hasakeh, le 21 janvier 2026. ©OMAR HAJ KADOUR/AFP

Les Bourses rebondissent avec vigueur jeudi après les fortes chutes des jours précédents sur fond de conflit au Moyen-Orient, tandis que le pétrole reprend sa hausse, suspendu aux tensions autour du détroit d’Ormuz.

Reprise des bourses, Séoul rebondit de 10 %

À la Bourse de Tokyo vers 02 H 00 GMT, l’indice vedette Nikkei gagnait 2,76 % à 55 747 points, après avoir lâché 3,61 % la veille. L’indice élargi Topix prenait 2,72 %.

La Bourse de Taipei bondissait de 3,54 %.

À Séoul, l’indice Kospi s’envolait de 10,06 % : une reprise spectaculaire au lendemain d’un plongeon historique de 12 %, dans un marché paniqué par les répercussions de la guerre et la flambée des cours de l’énergie.

La situation avait amené les investisseurs, dont ceux s’étant endettés pour miser sur une hausse des cours, à ajuster dans l’urgence leurs positions, sur un marché sud-coréen dominé par les valeurs technologiques.

Après avoir dévissé la veille, les champions des puces-mémoires Samsung Electronics et SK hynix flambaient de 12 %.

«C’est le premier signe d’un retour de la confiance dans les résultats des entreprises (...) Il s’agit d’un réflexe mécanique après une liquidation forcée. La situation sous-jacente des firmes asiatiques de semi-conducteurs demeure inchangée», insiste Stephen Innes, de SPI Asset Management.

«Wall Street reste portée par la croissance de la demande liée aux investissements dans les infrastructures d’IA. Ce que la correction boursière devrait éliminer, c’est simplement la spéculation excessive qui l’entourait», estime-t-il.

Prudence et nervosité persistent

Plus généralement, les marchés asiatiques se rassérénaient dans la foulée d’une hausse de Wall Street, qui a salué mercredi des données économiques meilleures qu’attendu aux États-Unis.

«Pour l’instant, l’espoir d’une détente (au Moyen-Orient) devrait favoriser un rebond. Il conviendra de suivre de près la situation et les prix du pétrole (...) la prudence reste de mise», commentent les analystes de Tokai Tokyo Intelligence.

«Le renchérissement du brut entraînera une augmentation des coûts pour les entreprises», même si l’affaiblissement du yen face à un dollar devenu refuge sur le marché des changes «pourrait favoriser les groupes exportateurs», ajoutent-ils.

La monnaie japonaise se stabilisait à 156,74 yens pour un dollar.

Et signe de fébrilité persistante des investisseurs, l’or, valeur-refuge par excellence, progressait de 0,74% à 5.177 dollars l’once.

«Bien que l’on puisse esquisser une multitude de scénarios, d’une escalade sans fin à une issue contenue, la réalité est que les marchés continuent de réagir au coup par coup au gré des informations» et «le contexte demeure instable, surtout tant que les bombardements se poursuivent et que les attaques contre les infrastructures pétrolières restent le principal risque», complète M. Innes.

Le pétrole reprend sa progression

Temporisant dans un marché mondial du pétrole largement excédentaire, le WTI et le Brent avaient clôturé à l’équilibre mercredi à l’issue d’une séance en dents de scie, après une flambée en début de semaine.

Mais, témoignant de l’inquiétude toujours vive concernant le détroit d’Ormuz, les prix du brut reprenaient jeudi leur ascension.

Vers 02H00 GMT, le baril de Brent, référence du marché, gonflait de 3% à 76,92 dollars. Celui de WTI nord-américain prenait 2,46% à 83,40 dollars.

Le trafic maritime reste paralysé dans le détroit d’Ormuz, goulet d’étranglement par lequel transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, ravivant les craintes d’une perturbation prolongée des approvisionnements.

Et ce même si le président américain Donald Trump a assuré mardi que la marine américaine pourrait escorter des pétroliers «si nécessaire» à travers le passage. Les Gardiens de la Révolution ont rétorqué mercredi avoir le «contrôle total» du détroit.

Les cours «témoignent d’un certain scepticisme quant au plan du président Trump visant à déployer des navires de guerre américains pour escorter les pétroliers dans le détroit», observe Kathleen Brooks, analyste de XTB.

Et la nervosité est particulièrement sensible chez les investisseurs asiatiques: «Environ 86% du GNL transitant par Ormuz est destiné à l’Asie (...) la Corée du Sud et Taïwan semblent particulièrement vulnérables», avertit MUFG.

Bourses chinoises rivées aux «Deux sessions»

L’indice boursier hongkongais Hang Seng gagnait 1,25 %, l’indice composite de Shanghai prenait 0,41 %, et celui de Shenzhen 1,26 %.

Les places chinoises ont les yeux tournés vers la grand-messe politique annuelle de Pékin, où le gouvernement a dévoilé jeudi un objectif de croissance de 4,5 % à 5 % en 2026, un nouveau coup de frein. De nouvelles mesures pour doper l’activité et la consommation sont attendues.

AFP

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