Pétrole: la guerre au Moyen-Orient propulse le baril au-delà de 90 dollars
Des camions font la queue pour remplir leurs citernes d’essence et de diesel destinées aux stations-service à la raffinerie Marathon, le 24 mai 2022, à Salt Lake City, dans l’Utah. ©George Frey / Getty Images North America / AFP

Les cours du pétrole s'envolent à des sommets vendredi après la promesse de Donald Trump de poursuivre la guerre jusqu'à la «capitulation totale» de l'Iran, les investisseurs laissant éclater leurs inquiétudes quant à de futures ruptures d'approvisionnement au Moyen-Orient.

«Il n'y aura pas d'accord avec l'Iran, seulement une CAPITULATION SANS CONDITION», a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

En conséquence, le baril de Brent, la référence internationale, montait à plus de 94 dollars (+10% par rapport à la veille), un niveau plus vu depuis 2023.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), s'échangeait au-delà de 92 dollars, soit une hausse journalière de plus de 13%.

«J'ai déjà vu ce genre de situation auparavant, mais celle-ci commence à prendre des proportions dramatiques», commente auprès de l'AFP Ole R. Hvalbye, analyste chez SEB.

«Je crains vraiment les conséquences à long terme» en particulier l'éclosion du récession économique, ajoute-t-il.

Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, plusieurs infrastructures énergétiques ont déjà subi des attaques. Et le blocage du détroit d'Ormuz, par où transite environ 20% de la production mondiale d'or noir, cause des problèmes majeurs d'approvisionnement en hydrocarbures.

«Chaque jour où le détroit reste fermé, le marché pétrolier se tend davantage», explique à l'AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont en mesure de rediriger une partie de leur production, mais «même avec ces options de contournement, environ 8,7 millions de barils par jour» sont bloqués, note Homayoun Falakshahi, analyste chez Kpler.

Les capacités de stockage des pays du Golfe étant limitées, «si la situation ne se résout pas rapidement, nous assisterons bientôt à une rationalisation de la production de pétrole brut et à une nouvelle réduction de l'activité des raffineries, en particulier en Asie et au Moyen-Orient», prévient-il.

Certains pays du Golfe ont déjà dû ralentir leur activité.

L'Irak a réduit la production au sein de l'un de ses principaux champs pétrolifères en début de semaine, et selon un article du Wall Street Journal, le Koweït «a commencé à réduire la production de certains champs pétrolifères après avoir épuisé ses capacités de stockage de pétrole brut».

Désormais, même si les exportations via Ormuz reprennent, «il y aura un décalage avant la reprise de la production», souligne Ole R. Hvalbye.

Pour prévenir d'éventuelles pénuries, la Chine a demandé à ses principaux raffineurs de suspendre leurs exportations de gazole et d'essence, selon l'agence Bloomberg.

Et le gouvernement américain a autorisé jeudi, et pour un mois, la livraison de pétrole russe sous sanction vers l'Inde, alors que le conflit au Moyen-Orient touche directement les approvisionnements de New Delhi.

La marine américaine escortera les navires marchands tentant de passer par le détroit d'Ormuz «dès que ce sera raisonnable», a aussi assuré vendredi le ministre américain de l'Énergie, Chris Wright.

«Cela pourrait faciliter la reprise du trafic, mais pas à l'échelle d'avant-guerre», préviennent les analystes d'Eurasia Group.

AFP

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