Les dates qui ont vu le pétrole flamber à plus de 100 dollars
De 2008 à 2022, retour sur les épisodes qui ont fait flamber le pétrole : le brut atteint à nouveau des sommets historiques. ©Olga Maltseva / AFP

Le prix du baril de pétrole a dépassé les 100 dollars lundi pour la première fois depuis l'été 2022, propulsé par le blocage du détroit d'Ormuz qui avive les inquiétudes sur les approvisionnements mondiaux d'or noir.

Retour sur les précédents épisodes qui avaient poussé le baril au-delà de ce seuil symbolique.

2008, l'année de tous les records 

Après avoir dépassé les 100 dollars début janvier, pour la première fois de leur histoire, les deux références de l'or noir ont atteint leurs sommets historiques le 11 juillet, à 147,50 dollars pour le Brent et 147,27 dollars le baril de WTI, coté à New York.

Plusieurs facteurs font exploser les prix: des tensions géopolitiques, de l'Iran au Nigeria en passant par le Pakistan; une offre qui plafonne et une demande tirée par les pays émergents, Chine en tête; la prise de conscience que les réserves sont limitées et de plus en plus difficiles d'accès; enfin, une boulimie des fonds d'investissements pour les matières premières.

Les fonds se servent du pétrole comme placement anti-inflation mais, cercle vicieux, ils alimentent la hausse des prix en faisant grimper le brut.

Après la faillite de la banque américaine Lehman Brothers en septembre, cette logique s'inverse. Craignant la déflation, les investisseurs se délestent du pétrole, faisant plonger les prix.

2011 et la révolte en Égypte 

Le seuil des 100 dollars le baril est à nouveau franchi en janvier 2011. Les prix avaient été poussés à la hausse par les inquiétudes liées à la révolte égyptienne, le marché redoutant des risques de propagation des mouvements de contestation au Moyen-Orient.

Si l'Egypte n'est pas un producteur essentiel d'or noir, le pays abrite deux voies majeures d'acheminement du pétrole, le canal de Suez et l'oléoduc Suez-Méditerranée (Sumed), ce qui a expliqué alors la nervosité du marché qui redoutait des perturbations de l'approvisionnement.

2012, embargo sur le pétrole iranien 

L'année 2012 débute avec un prix du pétrole au-delà des 100 dollars le baril, propulsé par l'affermissement des sanctions économiques contre l'Iran, soupçonné par les occidentaux de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil.

Un embargo sur le pétrole iranien est décidé par l'Union européenne (UE) début 2012. Les exportations de brut de l'Iran baissent de moitié.

Une grande partie du pétrole produit dans les pays du Golfe transite par le détroit d'Ormuz, un passage stratégique contrôlé par l'Iran, qui menace alors de le fermer.

Téhéran et les grandes puissances scellent finalement en novembre 2013 à Genève un premier accord historique pour contenir le programme nucléaire iranien, en échange d'un allègement des sanctions économiques.

2012 à 2014, tensions au Moyen-Orient 

Le prix du brut repasse brièvement sous la barre des 90 dollars le baril en juin 2012, plombé par la crise économique dans la zone euro.

Puis jusqu'à 2014, les cours du pétrole évoluent presque continuellement au-dessus de 100 dollars le baril, soutenus à la fois par un durcissement des sanctions internationales contre Téhéran et des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, notamment à cause du conflit syrien.

Fin 2014, les cours du pétrole entament une dégringolade jusqu'à tomber sous 50 dollars le baril début 2015 à cause notamment du pétrole de schiste américain qui inonde le marché.

2022 et l'invasion russe de l'Ukraine 

Après des semaines de tensions grandissantes, la Russie lance fin février 2022 l'invasion de l'Ukraine.

Les deux références de l'or noir dépassent les 100 dollars le 24 février, les investisseurs craignant des ruptures d'approvisionnement en hydrocarbures venant de Russie, l'un des plus importants producteurs au monde.

En mars 2022, les prix se rapprochent de leurs records de 2008, le Brent culminant à 139,13 dollars le baril et le WTI à 130,50 dollars.

Tandis que le conflit ne montre aucun signe d'apaisement, les sanctions occidentales contre Moscou s'accumulent, notamment avec des embargos sur le pétrole russe décrétés par les États-Unis, le Royaume-Uni puis l'UE.

La guerre en Ukraine rebat les cartes des flux de pétrole. Les craintes d'un approvisionnement insuffisant sur fond de sanctions occidentales contre la Russie -- et alors même que la demande reprend des couleurs après la crise du Covid-19 -- maintiennent les cours majoritairement au-dessus des 100 dollars jusqu'à l'été 2022.

AFP

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