Le président français Emmanuel Macron recevra vendredi son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky à Paris, où ils évoqueront, entre autres, «les moyens visant à renforcer la pression sur la Russie» après quatre années de guerre, «notamment par la lutte contre sa flotte fantôme», a annoncé jeudi l'Elysée.
Les deux dirigeants «échangeront également sur les conditions d'une paix juste durable et feront le point, à ce titre, sur les engagements pris dans le cadre de la Coalition des volontaires sur les garanties de sécurité», a précisé la présidence française.
Les alliés de l'Ukraine, réunis au sein de cette coalition de 35 pays, avaient encore appelé le 24 février dernier la Russie à un «cessez-le-feu inconditionnel», même si Emmanuel Macron s'était dit à cette occasion «très sceptique» sur la possibilité de parvenir à la «paix à court terme».
Ils s'étaient aussi mis d'accord en janvier pour déployer une force multinationale en Ukraine en cas de traité de paix, avec le «soutien» de Washington, et avaient acté qu'un cessez-le-feu serait surveillé par un mécanisme sous leadership américain.
Au cours de sa nouvelle visite à Paris vendredi - la précédente a eu lieu le 6 janvier, Volodymyr Zelensky évoquera également avec son homologue français le «soutien de la France et des partenaires européens pour aider l'Ukraine à se défendre».
Le Kremlin a estimé jeudi que cette visite illustrait la volonté du gouvernement ukrainien «d'entraver» un règlement pacifique du conflit.
«Il procède ainsi, en essayant différentes approches. Dans ce cas précis, с'est en obtenant une réponse positive dans les capitales européennes», a réagi le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.
«Les capitales européennes ne veulent pas non plus contribuer à la recherche de solutions pacifiques», a poursuivi M. Peskov.
Alors que Donald Trump a laissé entendre lundi qu'il pourrait lever des sanctions sur le pétrole en raison de l'envolée des prix liée à la guerre au Moyen-Orient, sans toutefois préciser que cela concernerait la Russie, les pays du G7 ont répété mercredi que cette situation ne justifiait «en aucun cas» d'alléger celles frappant Moscou.
Dans ce contexte, Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky se pencheront donc sur le cas de la «flotte fantôme» de la Russie, composée de navires dont la propriété est opaque, utilisés pour contourner les sanctions occidentales, pour le pétrole, les céréales ou d'autres produits.
Sur le champ de bataille, les forces russes ont enregistré en février leur plus faible avancée en Ukraine depuis le printemps 2024, sous l'effet de contre-offensives ukrainiennes essentiellement dans le sud-est, selon l'analyse par l'AFP des données de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW).
La Russie se trouve «en situation d'échec militaire, stratégique et économique», estime ainsi l'Élysée.
De leur côté, les États-Unis ont proposé l'organisation la semaine prochaine d'un nouveau cycle de négociations entre Kiev et Moscou sous médiation américaine. Selon Volodymyr Zelensky, ces pourparlers pourraient avoir lieu en Suisse ou en Turquie.
AFP



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