La Corée du Nord a tiré samedi une dizaine de missiles balistiques en direction de la mer du Japon, selon Séoul qui mène cette semaine avec Washington des exercices militaires annuels que Pyongyang avait fustigés.
La puissante sœur du dirigeant nord-coréen, Kim Yo Jong, avait alerté mardi sur les «conséquences terribles et inimaginables» que pourraient avoir ces exercices militaires conjoints lancés lundi et qui doivent mobiliser jusqu'au 19 mars environ 18.000 soldats sud-coréens et des soldats américains.
Les forces armées de Séoul ont détecté samedi «environ dix missiles balistiques non identifiés lancés depuis la région de Sunan en Corée du Nord en direction de la mer de l'Est vers 13H20» (04H20 GMT), a déclaré l'état-major interarmées (JCS) de Corée du Sud dans un communiqué, faisant référence au nom coréen de la mer du Japon.
Les missiles ont parcouru environ 350 kilomètres, a précisé l'armée, ajoutant que les autorités sud-coréennes et américaines procèdaient à une analyse détaillée de leurs caractéristiques techniques.
L'armée sud-coréenne se tient prête à «riposter avec une force écrasante à toute provocation», a ajouté l'état-major.
Juste avant, le ministère sud-coréen de la Défense a indiqué que la Corée du Nord avait tiré au moins un «projectile non identifié» en direction de la mer du Japon.
Le ministère japonais de la Défense a également confirmé un tir, indiquant sur son compte X qu'«un missile balistique présumé a(vait) été lancé depuis la Corée du Nord».
Pyongyang a récemment douché les espoirs de détente diplomatique avec Séoul, dont Washington est un allié essentiel en matière de sécurité, en décrivant ses derniers efforts de paix comme une «maladroite farce trompeuse».
Nord et Sud n'ont pas signé officiellement de traité de paix à l'issue du conflit de 1950-1953.
Trump envisage une recontre
L'annonce des tirs est intervenue quelques heures après que le Premier ministre sud-coréen Kim Min-seok, en visite aux États-Unis, a rapporté à la presse que le président américain Donald Trump estimait qu'une rencontre avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un serait «une bonne chose».
Donald Trump pense qu'une rencontre «pourrait se produire lorsqu'(il ira) en Chine» pour sa visite prévue fin mars-début avril, ou «encore plus tard», a encore rapporté Kim Min-seok.
Washington mène depuis des décennies des efforts visant à démanteler le programme nucléaire nord-coréen, mais sommets ou sanctions ont eu peu d'effet.
Ces derniers mois, l'administration Trump a cherché à relancer les discussions de haut niveau avec Pyongyang.
Après avoir ignoré pendant des mois ces signes d'ouverture, le dirigeant nord-coréen a déclaré fin février que les deux pays pourraient «s'entendre» si Washington acceptait le statut de puissance nucléaire de Pyongyang.
«Attirer l'attention»
Selon les analystes, le nombre de missiles lancés samedi est inhabituel, et le moment choisi pas anodin: «L'attention mondiale est focalisée sur la guerre au Moyen-Orient et la Corée du Nord a toujours eu pour habitude de mener des provocations militaires lorsqu'elle souhaite attirer l'attention sur sa présence», a remarqué pour l'AFP Hong Sung-pyo, chercheur à l'Institut coréen des affaires militaires.
Pyongyang a récemment critiqué les frappes «illégales» sur l'Iran des États-Unis et d'Israël, qu'il qualifie d'États « voyous».
Cette semaine, le Nord a procédé à des essais d'un destroyer pour montrer que sa marine se dote d'armes nucléaires.
«La Corée du Nord consacre de plus en plus de ressources à sa marine, peut-être avec le soutien de la Russie. Mais M. Kim aura remarqué que les États-Unis ont été capables de couler la majeure partie de la marine iranienne en l'espace d’une semaine», a expliqué Leif-Eric Easley, professeur à l'université Ewha de Séoul.
«Pyongyang est donc susceptible de mener des essais et de tenir des discours sur les systèmes de commandement, de contrôle et de lancement nucléaires afin de suggérer qu'elle pourrait infliger des dommages inacceptables si ses forces navales venaient à être attaquées.»
AFP



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